Indonésie

J78 – Les pérégrinations des transports locaux

Pour ce périple, je favorise mes déplacements en transports locaux et publics. Pas de navettes climatisées pour moi. Je suis un véritable baroudeur. Jusqu’ici pas de grand tracas à signaler. Et puis il y a eu Flores…

Vous avez dit autoroute ?

La Trans-Flores Highway traverse l’île d’ouest en est. Elle n’a d’autoroute que le nom. On est plus proche du chemin communal que de l’autoroute américaine. La qualité du bitume est très variable. Des nids de poule, à engouffrer tout un poulailler, parsèment la route avec une régularité déconcertante.

J’en ai fait l’amère expérience sur la  portion Bajawa-Riung. La route est déformée tout le long du parcours. Des trous béants cicatrisent le goudron agonisant. Alors, essayer de faire passer un mini-bus à la puissance d’une 2CV, rempli de passagers et de matériel en tout genre (je reviendrai plus tard sur ce point d’une importance capitale). Et bien cela prend six heures pour parcourir soixante-dix kilomètres…

Il faut dire que les chauffeurs sont prudents. Ils ne souhaitent pas abîmer leur carlingue roulante sous les rigueurs du bitume. Le compteur de vitesse dépasse rarement les vingt kilomètres-heure. Bon, il faut dire aussi qu’à Florès, le relief accidenté n’aide pas non plus à battre des records de vitesse. Ça monte, ça descend et ça zigzague beaucoup.

Et si on s’arrêtait ?

Mais en fait, ce qui ralentit aussi beaucoup notre cher moyen de locomotion, c’est que toutes les occasions sont bonnes pour s’arrêter en cours de route. Je dis bien toutes les occasions. À un moment donné, c’en était devenu presque surréaliste. J’ai même cru que le Marcel Beliveau indonésien (si une telle créature existe) m’avait pris pour cible pour sa caméra cachée.

Voici la liste non exhaustive des raisons pour lesquelles un bus local s’arrête sur le parcours (j’en oublie sûrement dans celles que j’ai vécues et il doit y avoir encore bien d’autres que je n’ai pas encore vécues).

– Faire le tour de la ville de départ pour prendre les gens devant chez eux.

– Faire le tour de la ville d’arrivée pour déposer les gens devant chez eux.

– Charger des planches de contreplaquées.

– Charger des sacs riz pour nourrir les cochons.

– Charger des branches d’arbres.

– Charger un balai.

– Charger des bacs en plastique.

– Recevoir de l’argent de quelqu’un.

– Le chauffeur achète des biscuits.

– Le chauffeur achète de l’eau (pas au même endroit que les biscuits, ça serait trop simple).

– Le chauffeur fait une pause déjeuner.

– Le chauffeur fait une sieste.

– Le chauffeur discute au milieu de la route avec le chauffeur du bus d’en face.

– Déposer des planches de contreplaquées.

– Déposer des sacs riz pour nourrir les cochons.

– Déposer des branches d’arbres.

– Déposer un balai.

– Déposer des bacs en plastique.

– Déposer l’argent à quelqu’un d’autre.

– Être à l’affût de tout client potentiel (c’est à dire pour chaque personne qui flâne/attend au bord de la route, le bus ralenti quasiment jusqu’à l’arrêt pour savoir si la personne est intéressée par le trajet).

– L’éclatement d’un pneu.

Plus qu’un bus

En fait, le plus intéressant dans cet expérience, c’est que ces bus sont bien plus qu’un simple moyen de transports des personnes. Ils jouent aussi un rôle de lien économique et social. C’est d’autant plus vrai pour les trajets transverses. Le bus Bajawa-Riung ne circule qu’une fois par jour. Et, je peux vous dire qu’en arrivant à Riung, toute la famille sort de la maison à l’arrivée du bus pour savoir si la livraison est bien là. Et pendant ce temps-là, un pauvre touriste attend patiemment qu’on le dépose à son hôtel après six heures d’un déplacement épique.

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5 Commentaires

  • Répondre
    Ton Alpha jet
    25 septembre 2017 à 5:43

    Faut que ça roule !!!

  • Répondre
    Alpha Jet
    26 septembre 2017 à 5:17

    ce que tu as du prendre…
    Une bordure?
    😉

  • Répondre
    Béa
    14 octobre 2017 à 9:01

    La zen attitude à toute épreuve. J’imagine ta tête lors du chargement du balai et la dépose de ce dernier.
    T’avais dit slow travel, te voilà servi 😀
    Des bises

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