Indonésie

J68 – La croisière s’amuse

La croisière s'amuse

Fidèle au slow travel, je pars en croisière de quatre jours entre les îles de Lombok et Florès. Au programme snorkelling et dragons de Komodo.

On attend quoi au fait ?

Rendez-vous à 9H30 dans le bureau de l’agence. En fait, il s’agit d’un café. Ici les cafés font agence de voyages, hébergement et restaurant. Il y a un peu de monde. Cela sera mes compagnons de voyage.

Nous devons partir à 10H00 mais le briefing se fait toujours attendre. On passe nous demander si l’on veut commander des boissons (entendez par là des bières) pour la croisière. Tout le reste étant inclus. Bonne idée en effet, j’ai fait le tour de Bangsal et impossible de trouver un magasin vendant de l’alcool. Je prends trois bières (une par jour). Je sais, petit joueur.

10h30, toujours rien. Tout le monde attend patiemment. Cela sent l’expérience du voyageur en Asie du Sud-Est. On attend sans plus trop se poser de questions, cela fait partie du quotidien. 11h00, le départ est sonné. Nous montons dans des minibus. Ah bon ? Le port est à trois cents mètres. Je me renseigne. On embarque de l’autre côté de l’île de Lombok. Trois heures de route. C’est un bon début pour une croisière…

Au rythme du soleil

Nous arrivons à bon port et embarquons sur le bateau. Nous découvrons fébriles le lieu qui va nous servir d’habitation pendant quatre jours. Pas mal de place à l’avant du bateau. À l’arrière, nous découvrons le deck qui nous servira de dortoir. Une vingtaine à dormir là dedans. Ambiance intime.

Dortoir sur le pont supérieur

La croisière s’amuse mais ne dort pas bien

Pour cette première journée, c’est place à la navigation en direction de l’île de Sumbawa. Le temps commence donc à s’égrener lentement. Au rythme du roulis délicat de la mer de Florès. Une myriade d’îles volcaniques se succède sous nos yeux ébahis. Et quand le premier coucher de soleil se dévoile devant nous sur ces eaux paisibles, une quiétude bienfaisante envahit les passagers. Après le dîner, nous ne traînons pas trop.

Sunset Flores

Petit coucher de soleil sympa

On s’adapte vite au rythme de la croisière. Le bateau mouille pour la nuit, ce qui permet de nous endormir sans trop de difficultés. Il redémarre dans la nuit. Le moteur ronfle, l’embarcation tangue. Pas facile de retourner dans les bras de Morphée.

Réveil avec le soleil. Un petit banana pancake dans le ventre et arrêt snorkelling.

Alerte à la raie manta

L’excitation est palpable sur le bateau. Allons-nous croiser des raies manta ? Nous ne jettons à l’eau et après quelques secondes, nous croisons le poisson tant convoité. Son envergure est impressionnante. Ses grands battements lui confèrent une certaine grâce. Nous le suivons pour profiter de cet instant magique le plus longtemps. Mais l’animal est rapide. Il disparaît au loin.  De retour sur le bateau, une alerte est lancée : « manta ray ! manta ray ! » Une qui vient de passer sous le bateau. Suivis par une seconde et une troisième. Panique à bord. Tout le monde plonge d’un coup. On aurait hurlé « au feu » qu’on n’aurait pas évacué le bateau plus vite.

Manta Rays

Alerte à la raie manta !

Sous l’eau, c’est un spectacle inespéré qui s’offre à nous. Les trois mantas se livrent à un ballet aquatique majestueux. Virevoltant entre elles, passant l’une au-dessus de l’autre. Remontant à la verticale, révélant leur flanc blanc. Les mouvements sont lents, gracieux, magiques. Cet instant est juste magique et inoubliable. De retour sur le bateau, tous les visages affichent un sourire béat, l’esprit encore abasourdi par ce que nous venons de vivre. Tous convaincus que ces quatre jours de croisière et ces longues heures d’attente valent le coup rien que pour l’instant que nous vivons de vivre.

C’est pas beau un lézard qui a bu

Autant la raie manta est fine et gracieuse, autant le dragon de Komodo est lourd et pataud. Quand on les voit avachis sur le sol et se mouvoir avec une lenteur désarmante, on ne peut s’empêcher de penser que la veille ils se sont pris une bonne cuite des familles au rice wine local. Alors normalement, au sein du Komodo National Park, les fameux reptiles sont en captivité et cela n’est jamais garanti d’en voir. Que cela soit sur l’île de Komodo ou de Rinca, il s’avère en effet que le long des trails réservés aux visiteurs, il est assez difficile de voir beaucoup de Komodo. Là où nous en avons aperçu le plus c’est près des habitations des gardiens et des guides et aussi près des restaurants. Mais on nous a assuré à plusieurs reprises que les Komodo  n’étaient pas nourris. No feeding, no feeding.

flores_komodo

Même pas peur !

Bon, nous avons quand même vu une femelle protégeant ses oeufs avec une hargne impressionnante. Une autre femelle qui s’approchait du nid un peu trop près a été immédiatement prise en chasse et a dégarpi aussi sec.

Le fait très intéressant à savoir sur les Komodos, c’est que les femelles sont prêtes à tout pour défendre leurs oeufs, mais une fois les rejetons sortis, la maman protectrice change de camp et se met à bouffer ses petits. Du coup, les bébés Komodo montent dans les arbres pour se protéger de leur mère cannibale. Ils peuvent passer jusqu’à trois ans perchés sur une branche pour tenter desurvivre à cet étrange instinct maternelle.

Moonrise & large Bintang

L’ultime soirée approche sur le pont. Les dernières Bintang se font décapsuler sans frémir. Je confirme que j’ai été modeste sur ce coup-là. Tous mes compagnons avaient prévu un approvisionnement grande taille. Moi je suis parti sur des petites bouteilles. Heureusement, un marchand de bonheur a accosté notre bateau dans l’après-midi pour nous vendre un ravitaillement de grandes bouteilles.

Le ciel clément nous offre un lever de lune exceptionnel. Elle pointe au ras de l’horizon, pleine, gorgée d’un orange profond et brillant.  Illuminant  la mer sombre. Un spectacle inoubliable. Une profonde sérénité s’empare de moi face à cet instant hors du temps. Un fragment de bonheur pur sur la route de mon périple. Je ne pouvais rêver plus parfait pour clore cette croisière.

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6 Commentaires

  • Répondre
    Pap et Mam
    12 septembre 2017 à 6:02

    En effet, beau lézard bien impressionnant.

  • Répondre
    isa
    12 septembre 2017 à 8:52

    bizarre cette femelle komodo, quoi que !!!! 🙂

  • Répondre
    Catherine
    15 septembre 2017 à 1:43

    En ce début d’après midi de vendredi, je lis tes articles et je regarde tes photos en soupirant et en me disant « mais qu’est-ce qu’il a eu raison Xavier de prendre ses tongs et de faire tout çaaaa !!!  » Trop contente pour toi ! Sensei Tong, à travers tes articles, tu nous enseignes l’art de laisser la grisaille de nos vies (comprenons le contexte actuel au travail) loin derrière et de suivre notre coeur ! Que c’est beau ! Merci pour cet enseignement ! 😉

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      17 septembre 2017 à 10:56

      Merci !
      C’est vrai que c’est déjà un premier enseignement que je tire de ce début de voyage. Mais c’est tellement simple dans ma situation actuelle 🙂
      C’est une autre affaire dans la routine parisienne…

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