Indonésie

J60 – 300 mètres haine

Pour fêter mes deux mois de voyage, je me suis dit qu’un petit volcan à grimper ça serait cool. L’heureux élu est le mont Rinjani, second plus haut sommet de l’Indonésie. Réputé difficile, mais je me suis déjà tapé les putains de Pinnacles et Kinabalu, alors niveau difficulté ça me connaît.

Tout va bien, je vais bien

Je loge dans la vallée avec une vue majestueuse sur le monstre volcanique. Le chemin vers le sommet est bien visible d’en bas et la pente se laisse deviner assez impressionnante. Je reste serein. Le trek commence tranquille. La montée vers le bord du cratère où nous passerons la nuit se fait crescendo. Nous traversons d’abord une partie très verdoyante et relativement plate donc tout va bien. Pause déjeuner où nos porteurs se transforment en cuisiniers.

Alors un petit mot sur les porteurs. Ces gars sont des machines de guerre. Nous on avance doucement histoire de gérer notre effort. On porte un sac dos relativement léger. Chaussure de marche aux pieds. Et eux, ils crapahutent devant vous, portant cinquante kilos de matériels et de nourriture. Et tout ça en tongs s’il vous plaît. Respect.

Après, ça se corse un peu. La pente se fait plus abrupte et le sol devient meuble. Un petit aperçu de ce qui nous attend là haut. Apparemment ça ce n’est rien. Bien content d’arriver au camp de base à 2,500 mètres d’altitude. On fait péter une petite bière vendue à un prix exorbitant. Mais bon à ce niveau-là, c’est priceless.

Bière à un prix exorbintang 😉

On s’installe dans les tentes. Et là c’est spartiate. J’ai dû camper trois fois dans ma vie. Vous imaginez ma détresse. Et en plus, ça caille. Le dîner est servi. On mange chacun dans notre tente. Il fait déjà nuit. J’enfile trois couches de vêtements, me glisse dans le sac de couchage. Je tente de dormir.

C’est quand qu’on arrive ?

Réveil à 2H30 du matin après une nuit un peu difficile. Petit déjeuner sommaire et hop c’est parti. L’ascension jusqu’au sommet fait trois kilomètres. Il faut prévoir trois heures minimum pour l’atteindre. Cela donne une idée de la difficulté de la tâche.

En gros, la montée se découpe en trois phases. Premièrement, ça grimpe sévère dès le départ, pendant une bonne heure. Cela nous met dans l’ambiance. Le sol est toujours aussi instable et glisse sous les pieds. C’est le sable noir volcanique. C’est vraiment compliqué. Je me dis que si c’est comme cela jusqu’au bout je ne tiendrais pas.

Mais vient la délivrance de la seconde partie. Beaucoup plus simple à négocier, c’est presque plat, ce qui est à grand luxe en ce bon matin. Et puis arrivent les trois cents derniers mètres. Une inclinaison de la pente autour des quarante degrés. Le sable sournois a laissé sa place aux cailloux qui eux aussi se dérobent à chaque pas. On à l’impression de ne pas avancer. À chaque fois que je lève la tête, j’aperçois le serpentin lumineux des grimpeurs devant moi et le sommet au loin toujours.

Et le vent qui nous glace les mains et les pieds. Mes pieds s’enfoncent et glissent. J’avance péniblement de deux pas et recule d’un pas aussitôt. C’est un véritable calvaire. Et heureusement j’ai mes deux bâtons de marche. Je ne sais vraiment pas comment j’aurai fait sans eux. Je lève la tête. Je n’ai pas bougé ou si peu. Le soleil commence à se lever. Le ciel se peint d’une teinte orangée magnifique. Je ne serais pas au sommet pour le clou du spectacle. Tant pis. J’essaie d’avancer mais j’ai tellement envie d’arrêter.

En retard pour le lever du soleil

Je lève la tête encore une fois. Je ne suis pas si loin. Cela serait ballot d’abandonner maintenant. Plus je m’approche (toujours aussi lentement je vous assure) plus c’est difficile. Chaque mètre parcouru me paraît plus long à chaque fois. Et enfin, j’y suis. Le sommet devant moi. Après trois heures vingt de marche (pour un kilomètre je vous le rappelle). Et une heure pour les derniers trois cents mètres. Je vous laisse imaginer le calvaire.

Enfin arrivé avec mon guide Awan

Mais une fois là haut, la beauté du panorama vous fait oublier votre souffrance immédiatement. L’un des plus beaux qu’il m’ait été donné de voir.  Les nuages flottants au-dessus volcan Baru entouré du lac Segara Anak.  Et le rituel enfantin de la photo pour immortaliser cet instant.

Volcan Baru entouré du lac Segara Anak

C’est l’heure de redescendre. Je me retourne.  L’inclinaison de la pente me donne le vertige. Je ne parviens pas à croire que j’ai réussi à gravir cela…

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4 Commentaires

  • Répondre
    Pap et Mam
    5 septembre 2017 à 5:15

    Magnifique. Bien sûr, ce n’est pas à la Celle Saint Cloud
    que tu verras cela.
    Félicitations pour ton courage et ta persévérance.
    Croisière méritée.

  • Répondre
    Béa
    9 septembre 2017 à 8:37

    Well done Xav !
    Tu nous fais rêver de Paris.

    A la prochaine aventure

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