Malaisie

J6 – Le chien au collier bleu

chien assis dans la forêt

Aux Cameron Highlands, l’activité principale c’est le trekking. Pas moins d’une dizaine de trails sillonnent la forêt tropicale et les plantations de thé. Pour m’y retrouver je me renseigne auprès du patron de la guesthouse. Il m’explique rapidement les différents parcours et me conseille d’enchaîner les trails numéro trois, cinq et huit pour une bonne dose de randonnée. Le clou du spectacle, l’ascension jusqu’à Gunung Berembun. Parfait, mon programme de la journée est bouclé.

Il me demande alors si je souhaite un guide. Non, ça ira merci. Mais c’est un guide gratuit. Ah, si c’est gratuit alors ça change tout. Je suis partant. Il part  chercher mon guide. Il revient avec chien aux poils noirs et un collier bleu. Mais c’est un chien ! Oui, c’est un chien, mais c’est le meilleur guide de la région. Ah bon ? Mais comment va-t-il savoir où je dois aller ? Il saura, il saura… C’est quoi son petit nom  ?  Il n’a pas de nom, appelez le Doggy.

Me voilà donc parti avec Doggy, affronter les sentiers pentus des Cameron Highlands. Et je dois dire que, dès le départ, le chien m’impressionne. Alors que je ne lui ai rien dit, il m’emmène directement vers le trail numéro trois. Une fois dans la forêt, il me devance, disparaît parfois hors des sentiers. Mais il parvient toujours à me retrouver et reprend la marche comme si de rien n’était. Quand il se retrouve un peu trop loin devant, il s’assied et m’attends patiemment, me jetant des petits regards de temps en temps comme pour m’indiquer d’accélérer.

Doggy s’en sort bien. Il évite les sentiers clôturés d’un simple bout de ruban et file tout droit sur le bon chemin. De ce côté-là rien à redire donc. Par contre, pour obtenir des informations sur la faune et la flore des Camerons Highlands, c’est une autre affaire. Pas très prolixe le clébard. De même, pour un guide de randonnée, je ne le trouve pas spécialement en bonne condition physique. Il s’essouffle vite sur les montées rudes et accidentées du trail. Je le retrouve souvent couché par terre la langue pendouillante. Pas certains qu’il s’entraîne toute l’année pour recevoir les touristes. Sans doute un saisonnier.

Au pied de la montée pour Gunung Berembun, Doggy fait la fine bouche. Il  est à l’arrêt et refuse d’avancer. Clairement, il ne veut pas affronter la pente. Je passe devant lui, il me suit.

Bon, il avait raison Doggy, on en bave pas mal dans cette montée. Les racines des arbres et le fréquent passage des randonneurs forment des marches naturelles, censées faciliter la grimpette. Mais la régularité n’est pas au rendez-vous et ça vous casse les pattes.

On arrive enfin au sommet, les jambes un peu douloureuses. Je m’avance vers le point de vue pour admirer le spectacle. Pas très dégagé et les nuages qui s’amoncellent. J’ai connu mieux.

On descend le trail numéro sept pour retrouver la civilisation. Arrivé en ville, le chien m’abandonne sans un au revoir, ni même quémander un pourboire. Étrange ce guide…

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6 Commentaires

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    J'aurais pu mettre un collier bleu et venir !
    11 juillet 2017 à 12:39

    Excellent !

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    Monique
    11 juillet 2017 à 4:17

    Belle histoire, mais je croyais que tu ne devais pas marcher seul …. Heureusement qu’il y avait Doggy ….

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      12 juillet 2017 à 12:01

      Chère Monique,
      Tout d’abord merci de suivre le périple de « Jamais sans mes tongs » !
      Ensuite pour vous rassurer pleinement, l’auteur du texte a pris quelques libertés avec la réalité des événements. C’est ce qu’on appelle la licence littéraire.
      Donc, non, je n’ai pas marché seul, j’ai simplifié la narration pour donner une certaine envolée lyrique au texte !

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    Beatrice
    18 juillet 2017 à 1:03

    Trop top !!!
    J’imagine ta tête quand tu as vu Doggy 🙂

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