Malaisie

J42 – Le roi de la grimpette

Sommet Kinabalu

Après l’immense et douloureuse déception des Pinnacles, j’attendais l’ascension du Mont Kinabalu avec impatience. 4095 mètres d’altitude, point culminant de l’Asie du Sud-Est. C’est donc pour moi ça !

La loterie Jungle Jack

C’était sans compter sur le prix exorbitant du package via le National Park. 2000 ringgits (environ 400  euros) pour 2 jours/1 nuit. Exorbitant. De plus, plus aucune place disponible avant un mois. Les limites du no plan. is good plan. Du coup, j’hésite un peu, mais j’ai vraiment envie de la faire cette randonnée. Je trifouille sur Internent et découvre un bon plan. Des places disponibles en dernière minute et bien moins cher (1400 ringgit/280 euros). Chez Jungle Jack Backpacker. Mon compagnon de route Pieter a aussi vu cela. Nous décidons donc de contacter ce fameux Jack.

En gros, il faut se présenter sur place, loger à la guesthouse et attendre que des places se libèrent. Rien de sûr donc. Mais nous tentons notre chance.

Dans le minibus qui nous emmène chez Jungle Jack nous rencontrons Eryk, un polonais élevé en Irlande et qui vit désormais en Angleterre. Nous voilà donc trois à vouloir saisir une place vers le sommet tant convoité. La compétition va être rude. Arrivé chez Jack, un groupe vient de revenir du trek. Ils déjeunent. Nous déposons nos sacs et prenons place autour de la table. J’aime cette ambiance détendue et familiale. Il y a des plats partout. La nourriture est délicieuse. Une pumpkin soup à tomber à  la renverse. Et nous découvrons que la bière est à cinq ringgits. Je sens que je vais me plaire ici.

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Comme à la maison chez Jungle Jack

Uncle Jack nous explique comment ça marche. Il se présente au bureau du parc et tente de récupérer les places libérées par les annulations de dernière minute. Il nous donne les probabilités d’obtenir des places le lendemain. Il se base sur la météo, le jour de la semaine et son flair. Bref, rien de bien très clair. Cela m’a surtout l’air d’une grande loterie.

Il y a déjà deux autres personnes arrivées avant nous. Nous sommes donc cinq au total en ligne pour grimper. Mes camarades et moi sommes numéro trois, quatre & cinq sur la liste. Même pas certains de partir ensemble.

Le lendemain matin, nous déjeunons copieusement. Pancake et pain maison, banane du jardin. Nous préparons nos sacs et attendons e retour de Uncle Jack. Alors que je dépose une dernière affaire dans mon sac à dos, fin prêt à affronter le mont Kinabalu. Le verdict tombe. Seulement deux places disponibles ce matin. Avec Pieter & Eryk, nous ne regardons dépités. Jack, nous explique que pour ce week-end, cela risque d’être compliqué. Après mainte réflexion, nous décidons de repartir pour Kota Kinabalu et revenir tenter notre chance lundi.

Retour à la case départ

Ce coup-ci nous sommes les trois premiers sur la liste. Uncle Jack est confiant, mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi. Pancakes et pain maison, bananes du jardin. Sacs faits. Nous attendons. Une seule place de disponible. C’est pour Eryk. Ce coup-ci ça fait mal. Je me rends compte alors à ce moment que j’avais vraiment envie de le gravir ce mont. Je ne sais pas pourquoi mais c’est comme ça. Je suis extrêmement déçu. Pieter aussi. Eryk est lui gêné. Mais nous lui ordonnons d’aller grimper.  Uncle Jack remue le couteau dans la plaie. Le lendemain pas possible de grimper, un groupe a réserver il y a longtemps. Les places seront pour eux. Là, je passe en mode « ça me gave ».J’ai envie de partir sur le champ et passer à autre chose. Je ne me vois  pas attendre encore deux jours de plus sans être certains de faire l’ascension. Même si la nourriture est excellente et la bière cheap. Moral à zéro aussi chez Pieter. Nous ne disons rien à Uncle Jack mais notre déception doit se lire sur nos visages. Car il décide. de repartir au parc. Je n’y crois pas trop. Mais nous attendons. Quinze minutes plus tard, notre hôte déboule la pente sur son scooter et nous crie « you two can go ! you two can go ! » Il me faut quelques secondes pour réaliser qu’il vient de nous dégoter deux places. Putain, je vais enfin pouvoir grimper le mont Kinabalu.

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On l’a eu notre badge !

Maintenant il faut aller vite. Uncle Jack est pressé. Il nous emmène immédiatement à l’entrée du parc. Au bureau qui fournit les badges, j’ai l’impression qu’il négocie encore. Tout n’est pas très clair dans cette affaire. Peu importe. Nous récupérons finalement nos badges. Nous sommes heureux comme des gamins devant le sapin de Noël.

Mont Kinabalu, nous voilà !

Jack nous présente notre guide. Margaret, un petit bout de femme souriante. Et nous voilà partis pour la première partie. Six kilomètres jusqu’au camp, où nous passerons la nuit. 3500 mètres d’attitude. Départ à 1800 mètres. Bon, ça monte c’est sûr, mais comparer au trek des Pinnacles, c’est largement plus facile. De plus, nous avançons tranquilles, histoire de ne pas trop se fatiguer pour le lendemain. Et puis, c’est le rythme adopté par notre guide, donc je me dis que c’est une bonne idée de faire comme elle. Margaret a quarante-quatre ans , sept enfants et deux chiens. Elle fait l’ascension deux fois par semaine. Ce qui fait qu’elle quasiment quatre jours hors de sa maison.

Les deux derniers kilomètres commencent à peser sur les jambes. Bien content d’atteindre le camp de base. Le lendemain il faudra se lever à deux heures du matin afin de profiter du lever du soleil. Nous vivons donc un peu en décalage horaire. Dîner vers dix-sept heures et coucher à vingt heures. Dans le dortoir, il fait froid. Je dors quasiment avec ma tenue du lendemain. Prêt à bondir hors de mon lit, comme un pompier prêt à intervenir.

Deux heures du mat, j’ai des frissons

Deux heures, c’est le branle-bas de combat. Tout le monde s’active. Petit déjeuner. Je m’empiffre de baked bean, sausage et toasts. J’avale pas mal de café aussi. Nous voilà prêts. Lampe troche sur la tête , la procession vers le sommet avance lentement. 2.7 km à parcourir. Le chemin se compose essentiellement de marches, naturelles ou aménagées. La progression est donc toujours assez aisée. Nous gardons notre rythme tranquille. Plus tard, les choses sérieuses commencent. Les marches disparaissent pour laisser place au flanc nu de la montagne. Il faut grimper cette pierre pentue, parfois en s’aidant avec les cordes. Le manque d’air se fait sentir. Je m’essouffle plus vite. Il fait toujours nuit. Quand je lève la tête, j’aperçois les lumières des grimpeurs devant moi dessiner un serpentin sur la montagne. Je vois le sommet. Il me paraît encore bine loin. Le soleil pointe son nez. Je garde mon rythme, pas d’affolement. La montagne ne va pas disparaître.

Nous arrivons au sommet après trois de marche. Le jour perce déjà bien. Et la vue est juste magnifique. Là je dis waouh ! Ce qui avait manqué aux Pinnacles. La lumière, les nuages, le relief forment un tableau fascinant. Le paysage varie d’un point de vue à l’autre. Un véritable spectacle à 360 degrés.

Nous restons presque une heure là-haut, à admirer le spectacle, à prendre des photos et à faire des selfies stupides.

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Au sommet de Kinabalu

C’est l’heure de redescendre sur Terre

Et là c’est une autre histoire. Le jour, nous fait découvrir la pente que la nuit nous avait masqué. Là, le dénivelé s’affiche devant nous, franc et impressionnant. Je suis donc un peu moins à l’aise sur le retour. Je me détends quand nous atteignons la partie plus facile. Nous atteignons le camp 3h30 plus tard. Second petit déjeuner. Je ne change pas une équipe qui gagne. Je m’empiffre de nouveau de baked bean, sausage et toasts. Après une heure de pause, il faut repartir pour terminer la descente. Là, c’est plus dur. La fatigue commence à se faire sentir. Mes paupières sont lourdes. Nous croisons beaucoup de porteurs qui amènent des produits au camp. Certains sont chargés comme des mulets. Margaret nous apprend qu’ils sont payés 5 ringgits par kilo transporté. Ceux qui redescendent nous doublent en courant. Je suis calmé.

Descente Kinabalu

C’est l’heure de redescendre

À mi-chemin, il se met à pleuvoir. Pas cool. On passe en mode poncho. Nous persévérons en ayant hâte de terminer ce trek. Nous finissons en 3h15.  Mais le temps ne semble plus vraiment avoir d’emprise sur moi dans ces instants-là. Il faut marcher un point c’est tout.

Nous sommes tous les trois bien satisfaits. Nous savourons notre « exploit ». C’est la première fois que je gravis un sommet aussi haut perché. Et je suis bien content. Et ce coup-ci, le spectacle offert au sommet mérite largement cet effort.

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6 Commentaires

  • Répondre
    Florence
    21 août 2017 à 2:26

    Merci Xavier de nous faire voyager avec toi !

  • Répondre
    Florence
    21 août 2017 à 2:27

    et j’adore ton bonnet !

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      22 août 2017 à 5:22

      Tu n’es pas la première personne à me dire ça. Ce bonnet a eu beaucoup de succès.
      La French Touch 😉

  • Répondre
    Catherine
    22 août 2017 à 2:24

    Toujours garder espoir ! 😉
    Du coup, faire l’ascension en tongs…ça a dû être un peu chaud, non ? (pas pour les pieds en tout cas ! ) :o))
    ;-b

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