Malaisie

J34 – Les Pinnacles, le trek de l’enfer

Sur le bateau qui m’emmène à Belaga, avec mes compagnons de voyage, nous avons le temps de discuter de la prochaine étape de notre périple. Ils me proposent d’aller ensuite au Mulu National Park. Cela tombe bien, c’est sur ma liste. Apparement il y a un trek sympa à faire. Les Pinnacles. Je dis oui sans hésiter. Mais voilà, j’aurais du lire mon guide touristique avant. Car, quand je découvre qu’il faut trois heures et trente minutes pour parcourir deux kilomètres quatre cents, je me dis qu’il y a un loup quelque part :  distance de deux kilomètres quatre cents avec un dénivelé de mille deux cents mètres…

Quand prendre le bateau signifie pousser le bateau

La première étape est tranquille, une vingtaine de minute de bateau sur la rivière pour rejoindre le chemin vers Camp 5, le camp de base du trek. Enfin ça, c’est sur la papier. Nous sommes encore en période sèche et le niveau de l’eau de la rivière est très bas. Et parfois ça coince sur les cailloux. Nous sommes quatre sur l’embarcation avec nos bagages. A l’avant, le boatman pousse avec un grand baton pour dégager le bateau. Mais cela ne suffit pas toujours. Trop lourd. Nous voilà donc pieds nus dans la rivière à pousser. Les cailloux sont instables et glissants, c’est pas facile. Cela va durer une heure et demie. Nous poussons le bateau une quinzaine de fois.

Allez, on pousse !

En route vers Camp 5

Le trail vers Camp 5 est facile, neuf kilomètres de plat. Mais je sens encore les cailloux de la rivière sous mes pieds. On enfile ça en deux heures. Au camp, les randonneurs de la veille sont d’humeur plutôt déprimante. Ils ne cessent de parler de la difficulté du parcours. C’est vraiment dur. Il faut nous préparés à affronter la montée la plus ardue de notre existence. Mais aucun d’entre eux ne parle des Pinnacles. Nous sommes quand même censer s’extasier devant non ? C’est bon gars vous avez gagné, je commence à baliser.

Nous apprenons plus tard qu’une paire de gants ne serait pas du luxe pour agripper les rochers, les cordes et les échelles. Nous parvenons à récupérer des gants utilisés la veille. Ils sont humides et puent à trois kilomètre mais nous ne jetons dessus.

Notre guide nous explique ce qui nous attends. Première étape, les mini-pinnacles (distance neuf cent mètres) doivent être atteint en une heure sinon demi-tour. Ensuite, la moitié du parcours (1,2 km) doit se faire en trois quart d’heure et l’autre moitié en une heure trente. Le but est de s’assurer que le groupe soit apte à retourner au camp avant la nuit. Ce qui semble judicieux. Néanmoins, notre sérénité est ébranlée. Nous nous couchons de bonne heure car le lendemain réveil à cinq heure trente !

Et c’est parti pour les Pinnacles

Bon, moi je ne suis pas du matin. Alors un réveil aux aurores pour grimper dans la jungle, je ne suis pas au taquet. Et je le sens dès la montée. Le guide est parti sur un rythme de trente minutes pour jauger le groupe. Et ça fait mal. Je ne me sens vraiment pas bien. Essoufflé, le ventre en vrac et la tête lourde. Je me dis que je ne tiendrais jamais à ce rythme. Le groupe se disloque : devant ça crapahute comme des lapins, à l’arrière ça galère pas mal et moi au milieu de tout ça.

Nous arrivons au premier checkpoint, les mini-pinnacles. Trente-cinq minutes. Pas mal. Nous sommes tous contents. Maintenant, nous allons nous baser sur la personne la plus lente du groupe. Et cela change tout. Cela va beaucoup mieux pour moi. Mes muscles sont chauds désormais, ça doit aider. La montée est toujours rude mais je sens que ça va le faire.

A mi parcours, nous sommes toujours dans les temps.

Nous parvenons à la première des dix-sept échelles à gravir. La partie « escalade commence ». Et à ma grande surprise, je trouve cela super fun. Moi, qui n’aime pas trop ce genre d’acrobatie. Je me concentre pour avoir des prises stables. J’enfile mes gants puants et ils sont effectivement indispensables. J’avance sereinement. C’est plus technique que physique. La progression est lente.

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Qui a dit vue à couper le souffle ?

Arrive enfin le sommet. Nous sommes tous impatients de voir les Pinnacles. Et là c’est le drame… Ok, c’est impressionnant, inattendu mais on est loin d’une vue à coupez le souffle. Pour l’effort fourni, le résultat est décevant. Trois immenses lames de rasoirs qui se battent en duel. J’ai déjà vu beaucoup mieux et pour dix fois moins d’efforts !

Mais bon, nous sommes tous parvenus à atteindre ces putains de Pinnacles alors nous en rigolons. Quelques photos, la pause déjeuner et il faut repartir.

Happy randonneurs et les fucking Pinnacles

La partie échelles et cordes devient plus périlleuse au retour et beaucoup moins agréable. La fatigue en plus ça devient compliqué. Le groupe avance laborieusement. Cela va être long. Très long. Avec deux camarades nous passons devant. La descente est douloureuses et laborieuse. A chaque pas mes jambes sont douloureuses. J’en ai ras le bol. Je n’ai qu’une envie c’est d’être téléporté à Camp 5. Les derniers neuf cents mètres sont interminables. J’ai vraiment l’impressions d’avancer de moins en moins vite. Pareil pour mes deux compagnons de galère. Cela me rassure un peu.

Nous arrivons au camp soulagés et contents.

Nous nous précipitons dans la rivière pour nous rafraîchir et apaiser nos jambes lourdes et douloureuses. A pied de la montagne, le paysage est plus agréable que là haut. Nous pataugeons quelques minutes dans cette piscine naturelle. Au fond de nous cette fière satisfaction d’avoir atteint ces putains de Pinnacles.

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8 Commentaires

  • Répondre
    Laurent
    11 août 2017 à 1:54

    Salut collègue !
    Et bravo Xavier pour tes premiers vrais exploits sportifs. On ne peut pas toujours être à farnienter sur le toit d’un bateau ou à boire des futs de bière tout en massacrant les Beatles ;>)))
    A bientôt pour de nouvelles aventures.
    Laurent

  • Répondre
    Monique
    11 août 2017 à 5:36

    Beau récit, belle aventure pour pas grand chose
    mais cela te change des embouteillages.
    Bises.

  • Répondre
    Pompdiou
    13 août 2017 à 1:53

    C’est Qui le barbu?

  • Répondre
    Sylvie
    13 août 2017 à 10:51

    Bravo quand même et comme tu dis, tu peux être fier de toi…Nous on l’est !!! 🙂

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      19 août 2017 à 12:39

      Merci 🙂

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