Philippines

J-286 The road to Marcilla beach

Un ultime road trip pour terminer mon périple. Epique.

Le retour du duo de choc

Pour ce dernier mois de voyage, je retrouve ma travel buddy rencontrée au Laos. Ana, espagnole, enfin originaire des îles Canaries. Bref pas vraiment l’Espagne, si vous me demandez mon avis.

Depuis nos premiers pas ensemble au Laos, il y a cinq mois de cela, nous constatons une sacrée différence dans notre façon de voyager. Nous sommes tous les deux passer en mode full touriste. Loin du hardcore backpacking qui nous caractérisaient tant et qui impressionnaient nos comparses.

Durant ces retrouvailles aux Philippines, nous avons enchaînés les tours organisés à une fréquence qui ferait rugir de jalousie  un mini-van climatisé rempli de chinois.

Alors pour notre dernier jour ensemble, nous décidons de retourner à nos racines. Un road trip digne des plus grands baroudeurs. Mike Horn, tu peux trembler.

A la recherche de la plage perdue

Ana, en tant qu’islander, a un faible pour les plages. Alors même après en avoir vu un nombre infernal, toutes autant paradisiaques les unes que les autres, elle souhaite faire trempette une ultime fois dans une de ces merveilles offertes par l’archipel philippin.

Nous cherchons donc une plage sur l’île de Busuanga, car ce coup-ci pas de bateau pour nous. Un nom revient souvent. C’est la plage de Marcilla, sur la côte est. Une autre chose revient souvent, c’est la difficulté de la route pour y accéder. Même le loueur de scooter, un local, nous déconseille d’aller là bas. Mais un jeune imberbe slovaque de notre dortoir y a été la veille. Alors bon, nous n’allons pas nous dégonfler.

En voiture Simone

C’est Ana qui pilote. Je n’ai jamais conduit un scooter de ma vie alors je ne vais pas commencer maintenant. Elle n’a pas une grande expérience non plus. Elle a roulé un peu en Thaïlande, dans les alentours de Pai. Mais je lui fait confiance. Je fais le copilote avec l’application Maps.me dans la main. Equipe de choc.

Le début du trajet se passe très bien. Nous avons une route en bitume. Mais très vite, elle se transforme en chemin poussiéreux et caillouteux. Rien d’impossible. Une route est en construction. Des plaques de béton sont posées ici et là sans cohérence apparente. Du coup, ces portions de route toute neuve ne sont même pas utilisées. Étrange.

Nous arrivons à une zone digne d’un désert africain. Du sable. Avec des pentes sérieuses. Là cela devient compliqué. Je dois descendre plusieurs fois du scooter pour faciliter la tâche de ma conductrice. Les locaux nous dépassent sans vergogne et en rigolant bien.

Après ce passage délicat, nous retrouvons une route plus abordable traversant des rizières d’un vert éblouissant.

Champs de riz sur la route

Je cherche la bifurcation que nous aurions dû prendre. Maps.me semble un peu perdu. Et moi aussi, par la même occasion. Nous demandons la direction aux habitants du village. Demi-tour et à gauche. Toujours demander deux fois, c’est la base ici en Asie du Sud-Est.

En mode manuel

Nous dénichons la route, enfin plutôt le chemin. Maps.me reprend ses esprits et je comprends alors que je me suis planté. Nous aurions dû tourner à droite beaucoup plus tôt. J’ai loupé un truc. Cela rallonge un peu la route. Ana ne m’en veut pas trop. Nous continuons sur notre lancé.

Ce bout de route coupe un paysage vallonné magnifique. Aride et sec. Nous traversons un village de fermiers.  Et l’accueil est une nouvelle fois surréaliste. Les enfant nous lancent des Hello interminables. Toute la famille sort de leur maison pour nous faire signe de la main. Le retour des stars hollywoodiennes.

La barrière en bambou

Et puis, soudainement, au milieu du chemin, une barrière en bambou se dresse devant nous.Massive, imposante. J’ai déjà évoqué tout le bien que je pensais du bambou. Une grande découverte de ce périple. Mais là, je m’en passerai bien du bambou. Le moral en prend un coup. Avec Ana, nous ne regardons, hagard. Je scrute au loin pour voir s’il n’y a personne qui pourrait nous ouvrir.

Je consulte la carte. Faire demi-tour et prendre l’autre route nous rallonge vraiment. Nous décidons de rebrousser chemin et demander de l’aide aux personnes que nous avons croisées il y a quelques minutes.

Mais il y a une barrière !

Les enfants sont toujours là et nous disent de nouveau Hello. Une femme s’avance vers nous. Nous lui demandons la direction de  la plage. Elle nous indique le chemin où se trouve la barrière. Alors béatement, nous lui disons : mais il y a une barrière!

Bah ouvrez là !

Telle est sa réponse, simple et évidente. Avec sur son visage un air amusé et compatissant.

Nous nous sentons un peu ballot avec notre réaction d’européen coincé. Bon, ça partait d’un bon sentiment de respecter une propriété privée. Mais, tout dans la réponse de cette dame nous a mis face à nos différences de conception entre nos deux mondes. Les mots utilisés, le ton et l’expression de son visage. Pour elle, notre question était tout simplement stupide.

Il y a une barrière, bah ouvrez-là. En Europe, on aurait fait demi-tour  de peur de se prendre un coup de fusil à pompe dans le cul.

On l’a ouverte la barrière !

Mais je pense que ce qui nous le plus surpris tous les deux, c’est que nous avons réalisé que nous avions gardé certains de nos vieux réflex d’occidentaux dont nous pensions fièrement s’être débarrassés. Je pense, qu’au fond de nous mêmes, cela nous a un peu déçu !

C’est reparti de plus belle

Requinqués par cette approche toute asiatique de la vie, nous retournons vers notre barrière en bambou. Pour la troisième fois les enfants nous disent bonjour. Ils avaient l’air de nous attendre. Ils ont dû bien rigoler et parler de nous le soir autour du repas. Et au fait, on a vu deux touristes qui ont fait demi-tour face à la barrière en bambou. Grosse poilade assurée, j’imagine.

Alors me voilà en train d’ouvrir la barrière en bambou. Ana passe. Je referme la barrière. Easy !

Le chemin est toujours ardu. Nous avançons lentement. Les animaux trainent en liberté. Chèvres, vaches, poules. Et un instant de lucidité nous emporte. Nous comprenons alors que cette barrière est là pour empêcher les animaux de s’égarer. Tout simplement.

Donc bien évidemment, à l’autre bout du chemin, une autre barrière. Mais nous apprenons vite. Alors là, on trace !

Au loin, nous apercevons, la route traversant la vallée. La mer est derrière, là, à nous attendre. Une petite bute à gravir. Je le dis à Ana pour la motiver.  

Presque arrivé

Et enfin, le graal tant attendu se dévoile devant nous. Il y a encore un bout de route à faire. Mais cela nous motive.

Ravitaillement au village

Nous arrivons à village. Nous nous arrêtons pour acheter de l’eau. Parce que bien évidemment nous sommes partis à l’arrache, sans rien. Après avoir demandé à deux échoppes, nous trouvons celle qui vend de l’eau fraîche. Le papy qui tient la boutique n’a pas l’air de voir souvent des touristes. A notre air fatigué, il parvient à nous refourguer deux bananes pour douze pesos chacune. Il ne perd pas le sens des affaires.

Un autre gars s’approche de nous et entame la conversation. D’où venons-nous ? Puis il me demande si Ana est ma femme ? Je dis non. Ma petite amie ?  Non. Voulez-vous acheter un terrain ici ? Euh comment dire…? J’aimerai aller à la plage d’abord.

Au moment de repartir, le papy semble avoir pris pitié de nous et nous offre un régime de six bananes. Il a aussi le sens de la bonté.

Marcilla beach, enfin !

Nous enfourchons le scooter pour la dernière fois. Encore un kilomètre à parcourir. Cela monte encore sévère mais ça passe. Le sentier qui mène à la plage est là, sur la droite. Ana pose la bécane. Et nous finissons le reste à pied. Un monsieur qui est là nous dit que nous pouvons continuer avec le scooter. Oui, mais nous lui expliquons que nous juste envie de marcher.

Quatre cent mètres plus loin, nous foulons le sable de Marcilla Beach. Sur la gauche, la vue est une nouvelle fois saisissante. Plage de sable blanc, eau cristalline et turquoise. Et la touche qui fait toute la différence à Marcilla. Deux arbres trônent au milieu du banc de sable. Magique ! Un tel spectacle que cela en devient indécent.

The fucking beach !

Trois heures de route sur des pistes déglinguées, dans la poussière, sous le cagnard et une barrière en bambou. Mais cela valait le coup, vraiment.

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1 commentaire

  • Répondre
    isa
    15 mai 2018 à 8:13

    ah oui !!! ca valait le coup !!! c’est superbe

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