Birmanie

J-251 Des temples en veux-tu en voilà

Bagan est l’étape incontournable de tout séjour en Birmanie. Réputée pour sa pléthore de temples bouddhistes et l’image iconique des montgolfières survolant ces trésors ancestraux aux lueurs du soleil levant.

Fini les levers de soleil

Pour ceux qui suivent mes aventures, j’avais juré de ne plus jamais, Ô grand jamais, de faire un lever de soleil. Car, même si je suis devenu du matin, il ne faut quand même pas abuser. M’extraire de mon lit avant le soleil, c’est encore un effort trop important pour moi.

Et puis, les levers de soleil c’est vraiment la loterie. Beaucoup plus que les couchers. Un coucher de soleil apporte toujours une palette de couleurs intéressantes, un brin de romantisme. Et moi j’aime ça le romantisme.

D’un point de vue logistique, c’est beaucoup plus  simple aussi. En fin d’après-midi, vous n’êtes jamais très loin d’un coucher de soleil. Bien besoin d’une grande organisation ni de se préparer deux heures à l’avance. Un coucher de soleil cela peut s’improviser au dernier moment. Sur un coup de tête. La magie de l’imprévu. Essayer de réveiller votre dortoir à l’improviste à cinq du matin. Vous allez être bien reçu.

Et enfin, le coucher de soleil rime ici avec apéro time. Sur le chemin, vous trouverez sans difficulté une bicoque vendant des bières (fraîches s’il vous plaît). Et savourer un bière en regardant la nuit tombée, c’est quand même le pied.

Les touristes débarquent

Mais voilà, deux de mes meilleurs amis m’ont rejoint pour la partie birmane de mon périple. En France, ils ont une activité appelée travail. Ils doivent se rendre tous les jours dans un immeuble, s’asseoir à un bureau, envoyer des mails, passer des coups de fils, passer un temps fou en réunion. Je compatis. Là c’est leurs congés payés. Alors je m’adapte à leurs envies. Mais, j’étais à peu près certains que  cette histoire de lever de soleil n’enthousiasmerait pas les foules. Parce que bon dans l’équipe, il y en a quand même une qui aime bien son lit.

Donc je suis assez serein quand je leur demande s’ils veulent faire le lever de soleil. Oh oui, bien sûr, ça va être génial ! Et bim ! Dans ma gueule de baroudeur. Je m’incline devant les vacanciers avides de sensations fortes.

Bon par contre, l’option montgolfière à 380€ le billet, on oublie vite. Je peux vivre deux semaines ici avec ce budget.

Nous organisons le trip très vite. A la sortie du dîner, on chope un tuk-tuk driver qui traîne dans le coin. A l’affût des touristes comme nous. Prêt à négocier durement, nous lui demandons combien ça coûte un lever de soleil. Le gars réfléchit un peu.  15000 kyats (soit 9€). Nous nous regardons interloqués. 3€ par personne ? Bah ok alors.

Grosse feignasse de soleil

Alors, je ne vais pas rentrer dans les détails de ce lever de soleil et faire durer le suspense plus longtemps. C’est l’un des lever de soleil les plus minables que j’ai vu (en seconde position après celui de Nong Khiaw au Laos, parce que celui là, j’avais du me lever à 4h du matin et crapahuter une heure dans la montagne).

Le soleil est apparu, tout rond, tout rose. Et c’est tout. Pas de dégradé de couleurs dans le ciel, pas de palette de teintes extravagantes. Pas un poil de grandiloquence, d’aventure ou de magie. Non rien, de tout cela. Juste le soleil qui pointe le bout de son nez. Minimum syndical.

C’est donc ça le lever de soleil à Bagan…

Du coup, on se rabat sur le spectacle des montgolfières. Elles ont mis du temps à décoller mais elles apparaissent une à une. Une douzaine de ballons gonflés d’air tapissent l’horizon. Elles approchent lentement. Quand elles arrivent au plus près de nous, je me dis que ce n’était pas le bon matin pour claquer presque que quatre cents euros pour voir un point rose dans le ciel.

Retour au bercail. Notre chauffeur, Win, est sympa. Nous lui demandons de nous trimballer le lendemain pour visiter les temples. 30000 kyats pour toute la journée. Nous sommes presque gênés. Quand les birmans vont s’apercevoir qu’ils pourront demander beaucoup plus, ça va faire mal.

Des temples à gogo

Le site est vaste. Plus de deux milles temples. Il va falloir faire une sélection. C’est Kim, notre chauffeur qui s’en charge. Nous lui faisons totalement confiance.

Il commence par nous emmener dans des endroits reculés, que nous  aurions certainement pas fait de nous même. Des temples modestes dont il nous explique un peu l’histoire. Un début simple pour nous mettre en appétit.

Mur sympa d’un temple

Ce qui est marrant ici, c’est que dans ces petits temples, vous avez une personne qui fait office de guide. Et à la fin de la visite, vous constatez qu’elle tient aussi une  boutique de souvenirs. Elle essaie donc de vous vendre quelques choses. Bien évidemment si on achète un souvenir à chaque temple on n’est pas arrivé.

On enchaîne avec les temples plus majestueux. Il se met à faire chaud. Les touristes commences à affluer. Et beaucoup de locaux, comme souvent dans les lieux sacrés en Asie du Sud-Est.

Bon, autant dire, qu’il y beaucoup de Bouddha dans les temples. Je n’ai rien contre Bouddha en tant que tel. Mais la représentation de son image choisie par les bouddhistes est vraiment simple, dénué de charisme. Un peu kitsch pour tout dire. Bref, je n’accroche pas vraiment. Mais ça je le savais déjà. Sauf que je sens déjà l’overdose approcher.

Bouddha et Teddy bear

Pause déjeuner et dessert de ouf

Win nous demande alors si nous voulons poursuivre la visite ou aller déjeuner. La décision. Déjeuner. Un break fera du bien. Nous ne voulons pas faire un « temple out ».

Pour atteindre le restaurant, c’est un peu l’expédition. On se croirait sur des pistes africaines. Nous arrivons dans un endroit sympa au milieu de nulle part. La nourriture est bonne. Mais surtout, je ne résiste pas à commander le pancake banane-chocolat. Et quand il arrive enfin (cela a été un peu long…), c’est une tuerie. Les bananes sont légèrement caramélisés et agrémentées d’une crème pâtissière, le tout parsemé de miel. Me voilà requinqué pour affronter de nouveaux temples et images de Bouddha.

Détour par un village pour touristes

Avant cela, Win nous fait visiter le village où est situé le restaurant. Une femme nous explique comment elle tisse et broie les cacahuètes (pas en même temps bien sûr). Une vieille dame nous propose une cigarette locale que nous refusons poliment. Elle est complètement stone. Chacune de ses exhalations produit un épais nuages de fumée autour de son visage.

Le tabac local

A la fin de la visite, on essaie de nous vendre des sacs, longyi et autres babioles du coin. Nous résistons avec notre volonté sans faille.

Après cet interlude mi-culturel, mi-business, nous repartons vers nos temples.

Keep smiling

La seconde partie s’annonce plutôt bien. Nous entrons dans le vif du sujet. Les temples incontournables. Et en plus, leur architecture est différente de ceux visités le matin. Cela nous offre un changement bienvenu.

J’ai bien aimé ce temple là

Nous découvrons des temples vastes, parsemés de grands Bouddha aux quatre points cardinaux de l’édifice. Beaucoup de birmans se recueillent devant les imposantes effigies.

Encore beaucoup de curiosité et de sourires chez les locaux à notre passage. Cela m’épate encore malgré ces neuf mois de voyage. Un telle simplicité et gentillesse me parait tellement extraordinaire alors que cela devrait être normal. C’est certainement quelque chose qui restera gravé au fond de moi pour toujours. Et tenter de ramener ce comportement bienfaisant dans nos contrées urbaines et folles. Sans doute pas une sinécure.

Grosse feignasse de soleil (le retour)

Nous achevons la journée par un coucher de soleil. Il y a peu de monde sur la butte aménagée pour le point de vue. A l’image, du lever de soleil de la veille, il n’y a pas grand chose à dire. Un soleil qui disparaît très vite dans les nuages haut perchés. Nouvelle déception.

Encore une belle journée, bien remplie. Dix-huit temples et un nombre incalculable de Bouddha. Même si les temples ne sont pas tous admirables, la variété et l’immensité du site demeure impressionnante.

 

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4 Commentaires

  • Répondre
    The sleep-walking tourist
    21 avril 2018 à 9:42

    Mais j’ai toujours été du matin moi !!!!
    J’y peux rien si mon lit me retient en otage !

  • Répondre
    Pap et Mam
    21 avril 2018 à 6:41

    Quoi dire après tous ces temples et ces Bouddhas …

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