Birmanie

J-248 On tourne en rond à Yangon

La partie Birmane de mon périple revêt un caractère spécial. Deux de mes meilleurs amis me rejoignent de France pour trois semaines. Quand le voyage solo se transforme en vacances.

Opération jamais sans mon saucisson

Cela débute sous de très bons auspices. Outre la joie de voir leur tête de baroudeur apprenti à la sortie du terminal de l’aéroport, ils ne sont pas venu le mains vides. Un colis Croix-Rouge 100% français. Saucisson d’Ardèche, Comté et Cantal. L’émotion me gagne encore en écrivant ces lignes. Le gros ravitaillement nous permet de faire durer le plaisir. Le stock tient quatre apéros. Encore plus magique que dans mes rêves le plus fous. Le paradis  gastronomique.

Colis Croix-Rouge

Vous prendriez une petite pagode pour commencer

En Birmanie, difficile d’échapper aux pagodes et aux représentations de Bouddha. Yangon ne fait pas exception. Donc, pour se mettre dans l’ambiance, je fais le tour des deux temples bouddhistes incontournables de la ville. Sule Pagoda et  Shwedagon Pagoda. Il faut l’admettre cela en jette en peu, surtout l’éclairage de nuit. Mais très vite, nous nous orientons vers une activité plus original : un petit tour de train.

Shwedagon Pagoda Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Le Circle Train, comme son nom l’indique, fait le tour de la ville. La boucle dure trois heures. Trente huit arrêts. C’est une ligne normale, utilisée quotidiennement par les habitants de la ville. Mais, apparement, elle permet aussi, aux touristes comme moi, de s’immerger dans la vie locale.

Le bâtiment de la gare  a perdu de sa grandiloquence de l’époque  colonialiste. De loin, il semble abandonné. De près, le doute nous saisit encore. Mais une fois à l’intérieur, nous découvrons un immense hall rempli de voyageurs qui attendent. Depuis longtemps, semble-t-il. Certaines dorment à même le sol, d’autres déjeunent tranquillement sur une couverture à même le sol, avec tout l’attirail du parfait pique-nique.

On tourne en rond

Le guichet se trouve sur le quai numéro 7. La seule indication en anglais de la gare est « Circle Train ». La ligne commence a avoir une réputation touristique. Le vendeur de billet nous voit arriver de loin. Et nous donne immédiatement le prix du ticket (local price s’il vous plait) et l’horaire du prochain train. Easy !

Les trains birmans n’ont pas une très bonne réputation  en terme de ponctualité. Certains même partent avant l’horaire théorique. Une fébrilité s’empare de nous. Car plusieurs train se succèdent sur le quai. Et l’heure approche…

Pause lecture – – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Mais, soudain, le guichetier sort de sa cahute et nous indique le Circle Train. Épatés par tant de service client, nous nous dirigeons vers le train en question et grimpons dedans. Le gars nous rattrape et nous dit « no, no » et nous indique un autre train. Il faut traverser la voie ferrée. Et hop, nous voilà dans le Circle Train. Prêt au départ.

Voyage dans le temps

Très vite nous sommes dépaysés. D’abord nous sommes les seuls touristes à bord. Nous devenons à notre tour une sorte d’attraction. Le train offre un confort spartiate. Un banc dur longeant le wagon. Un petit goût d’aventure malgré tout.

A peine sortie de la gare, une vie atypique se dévoile sous nos yeux.  La voie ferrée fait partie intégrante de l’activité locale. On l’emprunte à pied, on coure à côté du train pour monter à bord. On fait y même sécher le linge au soleil.

Voie à sécher le linge – – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

La périphérie de Yangon affichent une pauvreté déconcertante. Des immeubles délabrés. Je pense que les conditions d’hygiène et de vie doivent être proches de celles d’un bidonville.

Habitation ou bidonville ? – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Et puis, le train s’extirpe de la ville. Et c’est une vie grouillante qui se déroule devant nos yeux. Les hommes et les femmes travaillant dans les champs. Des passages à niveaux précaires.

Marché ambulant

A l’intérieur, c’est un capharnaüm permanent. A chaque gare , des vendeurs montent dans le train. On trouve de tout. Maïs, pastèque, aliments frits, magazines, boisson et bien sûr de la chique de bétel. Les Birmans sont nombreux à chiquer ce mélange de tabac, de noix de bétel et de chaux, aux vertus stimulantes. On les reconnaît facilement, leurs dents sont toutes rouges.

De la friture sur la ligne – – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Cela gueule là dedans pour vendre leurs produits. On se croirait à la criée. Mais les vendeurs se respectent. Chacun attend son tour pour donner de la voix.

Qui veut de ma pastèque ? – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Dehors, c’est un peu la même histoire. Chaque gare, village que nous traversons offre une activité orientée vers la vente de marchandise. Les petites boutiques, les vendeurs ambulants. Et parfois, un véritable marché s’installe sur le quai de la gare. Au milieu des trains et de voyageurs.

Chique de bétel – – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Et l’on se rend compte, que ce qui est pour nous une sorte de folklore, est en fait une véritable façon de vivre, à des années lumières de nos contrées occidentales. La proximité des services, des produits, qui a disparu de chez nous, est ici au coeur de la société.

Marché ferroviaire – – Photo par LN (www.helenethingsido.com)

Une expérience locale à un prix local.

Au début l’idée de faire une boucle en  train autour de la ville pouvait paraître saugrenue. C’est vrai, qui ferait des milliers de kilomètre pour aller passer trois heures dans un train pour aller du point A au point A ? Mais ce trajet ferroviaire se révèle un excellent moyen de découvrir la vie quotidienne et grouillante des birmans.

P.S. Merci à LN de m’avoir autorisé à utiliser ses photos pour illustrer l’article.

Vous aimerez aussi peut-être

3 Commentaires

  • Répondre
    Le percepteur
    25 mars 2018 à 3:36

    Pour les crédits photos merci de voir directement avec moi sous 15j 😉

  • Répondre
    Lunie
    25 mars 2018 à 4:07

    Très intéressant, je ne manquerai pas de lire les autres articles 🙂

  • Répondre
    Pap et Mam
    25 mars 2018 à 7:18

    A peine croyable de nos jours.

Laisser votre commentaire ici