Cambodge

J-192 Visite de la prison S-21 : musée de l’horreur

Aperçu sanglant de la période Khmer rouge avec la découverte du musée du génocide à Phnom Penh. Visite qui fait froid dans le dos.

Un peu d’histoire

Entre 1975 et 1979, le Cambodge est dirigée par la dictature Khmer rouge. Le nombre de victimes pendant cette période est estimé à environ 1,7 million, soit plus de 20 % de la population de l’époque.

Tuol Sleng, aussi appelé S-21, au coeur de Phnom Penh, était le centre de détention le plus secret d’un réseau qui comportait deux cent prisons où les détenus étaient torturés par les Khmers rouges.

Entre 12 000 et 20 000 personnes y furent incarcérés. On ne compte que 12 survivants attestés

Depuis janvier 1980, S-21 est  un musée du génocide khmer.

Un lycée transformé en prison

Les Khmers rouges transforment le lycée Tuol Sleng en une prison d’Etat nommée S-21. Les Khmers rouges enferment à S-21 tous les opposants supposés  au régime.  Être enseignant, parler une langue étrangère, porter des lunettes, avoir la paume des mains lisse est suffisant pour être considéré comme intellectuel et donc une personne à éliminer.Le régime de Pol Pol emprisonnait toute la famille d’un « opposant » afin d’éviter toute vengeance ou rébellion.

La majorité des personnes emprisonnés à S-21 ignorent ce qu’on leur reproche.

La prison est restée quasiment dans l’état dans laquelle elle a été découverte. On accède aux salles de classes où étaient enchainés et torturés les prisonniers. Dans la cour de récréation,  on découvre le portique où les prisonniers étaient suspendus par les bras des heures entières. Puis relâchés vers le sol quelques instants, la tête plongée dans une jarre remplie d’excréments.

 

Le portique

La pièce où s’alignent les portraits des prisonniers est particulièrement émouvante. Vous mettez des visages sur ces victimes. Ce n’est plus juste un nombre perdu dans l’histoire du pays. Mais une personne comme vous et moi.

Les conditions de vie à S-21 sont effroyables. Les détenus sont enchaînés par dizaines, à même le sol. Au moindre cliquetis de chaînes, la sentence  est sévère. Les surveillants les rouent de coups pendant des heures.

Dans leur folie destructrice, les Khmers rouges avaient une obsession assez étonnante : la documentation. A S-21 tout était documenté et archivé méticuleusement. C’est pour cela, que le musée peut présenter aujourd’hui autant d’éléments historiques.

Après S-21 direction les Killings Fields

Chaque prisonnier est torturé plusieurs fois par jours, pendant plusieurs semaines voire des mois. Une fois les aveux arrachés, ils sont transportés aux Killing Fields de Choeug Ek, situé à 15 km de Phnom Penh. Là, ils sont exécutés puis enterrés dans des fosses communes.

Par souci d’économie, les Khmer rouges sont rétiçant à utiliser les balles, cela coûte trop cher. Les détenus sont alors battus à mort avec des crosses de fusils où parfois jetés encore vivant dans les fosses communes.

Les bébés et les enfant reçoivent un traitement particulièrement horrifiant. Maintenu par les pieds, ils sont balancés contre le tronc d’un arbre où leur crâne se fracasse en morceaux.

Une visite éprouvante mais nécessaire

Après plus de deux heures passées à découvrir l’horreur du régime Khmer rouge, à travers les couloirs l’ancienne école, je ressors secoué de S-21.   

Les images exposées, les commentaires et les témoignages sont terrifiants.

Mais aucun regret. C’est une visite à faire absolument si vous visitez le Cambodge. C’est cela aussi le voyage. Découvrir le pays à travers son histoire, qu’elle soit belle ou sombre.

 

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1 commentaire

  • Répondre
    Pap et Mam
    24 février 2018 à 4:23

    En effet, cela est bien sombre et surtout très triste.

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