Cambodge

J-181 Pompette à Phnom Penh

Je décide de passer le réveillon de la fin de l’année 2017 dans la capitale cambodgienne. Je ne vais sans doute pas rencontrer la frénésie de Pub Street à Siem Reap, mais ça me va bien.

En mode piéton

Le choc en arrivant à Phnom Penh c’est la circulation. On m’avait prévenu. J’ai déjà fait d’autres capitales asiatiques. Mais j’avoue, là, j’ai été surpris. Cela grouille de partout, tout le temps. Voitures, scooters et tuk-tuks se succèdent dans une sorte d’anarchie contrôlée. Les trajectoires sont serrées, les dépassements constants.

Traverser une rue n’est pas une sinécure. Il faut mieux y regarder à deux fois, bien choisir son créneau. Et hop, se lancer, avancer en affichant une confiance sans faille. Aucune hésitation possible dans la démarche. Sinon vous êtes cuits. Vous vous retrouvez coincé au milieu de la chaussée. Not a good idea.  Et toujours garder un oeil fixé sur la circulation bien sûr. On est jamais trop prudent.

Bon, après quelques jours, on devient bien meilleur, mais cela demeure quand même une épreuve qu’il ne faut pas prendre à la légère.

Tuk-tuk sir ?

L’autre agrément de la vie, c’est le harcèlement des chauffeurs de tuk-tuk. Ils vous interpellent tous le temps où que vous soyez. Ils n’ont aucun scrupule. Ils tentent leur chance, en toute circonstance. Tuk-tuk sir ? Que vous soyez tranquillement en train d’attendre, marcher avec détermination, sortir d’une supérette, sortir de votre hôtel. En train de glander paisiblement sur le balcon de votre hôtel. Tuk-tuk sir ? A la sortie d’un bus de nuit. Quand encore dans le bus, ils vous aperçoivent par la fenêtre. Tuk-tuk sir ?

Il faut une certaine dose de patience et de volonté pour braver quotidiennement leur multiple demandes. Alors, j’alterne les réponses. Un non merci, poli. Une petite blague, en leur disant que oui je suis intéressé mais juste pour traverser la rue. Certains joue le jeu et annoncent un prix mirobolant. D’autres grimacent de suite et bougonnent en khmer des propos que je ne comprends pas.

Mais ce n’est pas tout. Une fois que vous avez très probablement décliné leur offre alléchante, ils vous proposent immédiatement toute une palette de nouveaux services assez inattendus : weed, coco, boom boom. No, thank you very much. C’est tellement systématique, que clairement, ils gagnent plus d’argent avec ces extras que leur tuk-tuk proprement dit.

Début de soirée tranquille

C’est le 31 décembre. Donc, avec ma comparse belge, nous descendons dans la rue, voir ce qui se passe. Sans plan précis. Nous ferons au feeling. Car même pour le jour de l’an, no plan is good plan. Direction les bords de berges. C’est le lieu stratégique.

Devant le Palais Royal, une foule de cambodgiens pique-niquent dans le modeste espace vert, assis sur des tapis mis à disposition. Nous trouvons une place de libre. Nous achetons des bières, histoire de se mettre dans l’ambiance. Nous constatons rapidement que nous sommes les seuls touristes à être présents sur la pelouse. Nous devenons un peu l’attraction.

Pique-nique du réveillon – Phnom Penh

Pour éponger nos bières, une pizza s’impose. Idéalement situé sur le boulevard, nous pourrons surveiller le feu d’artifice qui sera tiré à minuit. Nous optons pour des lasagnes. Cela met un peu de temps à arriver. Elles sont très bonnes. Le temps que nous finissons nos plats, il est 23h55. Je n’ai jamais vu un timing aussi improvisé si bien maitrisé.

Nous nous dirigeons donc vers la promenade remplie de monde. Nous avançons un peu. Et boum. Minuit pétant. La première fusée s’envole.

Alors deux choses à savoir. La première, j’adore les feux d’artifices. Je redeviens un vrai gamin quand j’en vois un.  J’aime le côté totalement inutile de la chose, j’aime la magie du spectacle et j’aime quand le son des fusées qui explosent. La seconde, c’est qu’un feu d’artifice pour le réveillon de fin d’année, même dans la capitale du Cambodge, cela reste, comment dire, assez rural. Pour illustrer mon propos, je dirais simplement, que nous n’avons pas su reconnaître le bouquet final. C’est vous dire la complexité et l’intensité des tableaux pyrotechniques proposés ce soir là.

Mais bon, je suis content. J’ai eu mon feu d’artifice. Je fête mon réveillon à l’autre bout de monde. J’ai connu pire.

Rooftop bar

Nous décidons d’enclencher la vitesse supérieure. Nous partons à la quête d’une soirée digne d’un jour de l’an. Nous répétons rapidement quelques terrasses sur les toits d’hôtel. Ah oui, j’aime bien les rooftop terrace aussi. Nous nous décidons pour un grand hôtel faisant l’angle du boulevard même si la soirée sponsorisée par Heinekein ne soit pas gage d’une folie furieuse.

La terrasse est immense, une vue magnifique sur la capitale. Nous débarquons en plein tirage au sort d’une tombola. Apparemment il y avait un groupe de musiciens avant cette attraction. Ils rangent leur instrument. Côté ambiance, il faudra sans doute repasser. Mais maintenant que nous sommes là, notre dévolu se pose sur un pichet de Mojito. Nous le savourons tranquillement, presque seuls. Le bar s’est littéralement vidé après la distribution des cadeaux. Un gars du staff s’improvise DJ en diffusant des morceaux sélectionnés sur Youtube.

Le Mojito, pas mauvais, se descend rapidement. Nous quittons le bar prêt à retourner à l’hôtel. Mais dans la rue, une sympathique odeur titille notre odorat. Nous rebroussons chemin. Dans un restaurant, une sorte de fête privée se déroule joyeusement. Musique à fond, bière à gogo, étale de nourriture. Une dame nous fait signe de venir avec un large sourire.

Bouquet final

Alors nous, bien évidemment, pour ne pas paraitre impolis, nous acceptons volontiers cette invitation impromptue. A peine, les pieds à l’intérieur de l’établissement, on nous offre un siège, un cocktail et à manger. Nous avons à peine eu le temps de dire bonjour. Et nous trinquons avec tout le monde.

C’est donc la patronne du restaurant qui nous reçoit si chaleureusement. Elle réveillonne avec son staff et ses amis. Et deux touristes éberlués.

Nous sommes reçus comme des rois. Une générosité sans nom. Nous tentons de payer quelque chose mais c’est peine perdu. Nous nous résignons rapidement à boire gratuitement toute la nuit. Bon le cocktail est léger, je cherche encore l’alcool mais apparemment il rend pompette les locaux.

Bonne année 2018 from Phnom Penh !

Une chose que nous découvrons, c’est que les cambodgiens adorent trinquer. Même moi je suis surpris. J’attache une extrême importance à trinquer. C’est une grande tradition dans ma famille. Avant chaque nouveau coup à boire, on trinque.

Mais là, je dis chapeau. Les cambodgiens trinquent à chaque gorgée. J’exagère à peine. Il n’y a pas vraiment de règle. En fait quelqu’un boit et puis se dit, ah bah tiens ça fait longtemps qu’on a pas trinqué. Alors hop, il décide qu’il est temps de trinquer de nouveau. Bon bah, on trinque une nouvelle fois avec tout le monde. Et cinq minutes plus tard, un autre type se dit exactement la même chose. Ah bah tiens ça fait longtemps qu’on a pas trinqué…

Je ne sais pas combien de fois nous avons trinqué, mais cela nous a occupé une bonne partie de la soirée.

Nous avons également découvert les joies de la musique pop locale. Nous avons eu le droit a un best of des hits du moment. Et nous voilà donc en train de danser sur des morceaux inédits et que nous n’entendrons sans doute jamais plus. La soirée ayant atteint son zénith avec notre performance inoubliable sur la danse des canards cambodgienne. Coin, coin, coin, coin. Un début prometteur pour 2018.

En fin de compte, cet interlude inopiné nous a amené jusqu’à 5h du matin. Pour un réveillon totalement improvisé, pas mal. J’ai pu apprécier la bonté désintéressée des cambodgiens, leur sens de la fête et leur sourire inébranlable.

Vous aimerez aussi peut-être

4 Commentaires

  • Répondre
    Pap et Mam
    26 janvier 2018 à 5:09

    Il était temps que tu nous racontes ton réveillon du 31 décembre ….
    Effectivement c’est une soirée assez spéciale mais que tu as apprécié.
    Tchin-tchin.

  • Répondre
    Bettina Zourli
    26 janvier 2018 à 11:19

    Récit très sympa 🙂 Ahaha et mention spéciale pour les Cambodgiens, ce n’est pas une blague effectivement ! Et attention, c’est très malpoli de ne pas trinquer 😀 j’ai passé deux ans au Cambodge, autant te dire que j’ai mon quota de « trinquage » pour la vie !
    Bon voyage 🙂

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      27 janvier 2018 à 10:17

      Waouh ! Deux ans de « trinquage », j’imagine que ça doit être un peu difficile 😉

Laisser votre commentaire ici