Cambodge

J-178 Petit détour à Battambang

Après avoir parcouru les ruines d’Angkor en long, en large et en travers, je n’ai pas pu résister à une petite croisière en slow-boat pour atteindre Battambang.

Slow boat sur le lac Tonle Sap

Cela n’est pas une grande surprise pour mes fidèles lecteurs,  quand je vois les mots slow et boat l’un à côté de l’autre, je ne peux résister à l’envie de réserver un billet.

Je passerai rapidement sur la longue attente avant de lever l’ancre, suite au double pick-up. Un transfert de l’hôtel à l’agence de voyage et un autre transfert de l’agence de voyage vers l’embarcadère.

Je ne fais même plus attention maintenant. J’ai appris la patience, ici, en Asie du Sud-Est.

Plus, la partie de taquin pour faire assoir une quinzaine voyageurs, empiler leur bagages dans un mini-van de dix personnes. Cela prend un peu de temps bien sûr mais fini par se résoudre grâce à l’ingéniosité toute cambodgienne. On entasse d’abord des sacs au fond du véhicule partout où il y a de la place. Sous les sièges, derrière les sièges et dans l’allée centrale. On fait ensuite entrer une première vague de voyageurs. Et c’est là que réside toute l’astuce. Les bagages au milieu servent de sièges !

C’est une autre leçon importante que j’ai apprise lors de ce périple. Il y n’a pas de problème en Asie mais toujours une solution !

Donc après environ deux heures de péripétie typiquement locales, nous voilà en route vers Battambang, la seconde ville du Cambodge. à bord d’une petite embarcation remplie d’occidentaux. Le bateau nous ballade à travers les eaux calmes de Tonle Sap, le plus grand lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est.

La croisière est captivante. Les paysages s’alternent de manière admirable. Vastes étendues d’eau, chenal étroit digne du bayou de Floride,  à travers lesquels le capitaine joue de sa dextérité pour se frayer un chemin.

Puis nous traversons, les fameux villages flottants. Les frêles maisons sur pilotis s’alignent sur plusieurs centaine de mètres. On y découvre boutiques, écoles et temples. Les bateaux nous coupent la route pour aller d’une berge à l’autre. Les enfants vont à l’école en bateau et pilote eux-mêmes leur canot. Aucun adulte à bord. Je ne peux même pas imaginer cela en Europe.

Village flottant – Tonle Sap

Les gamins, dans les bras de leurs parents, nous font bonjour d’un signe de la main. Comme souvent, nous sommes autant l’attraction pour eux, que eux le sont pour nous. J’aime beaucoup l’ironie de la situation. Cela permet de prendre un peu de recul sur tout cela.

Enfants allant à l’école en bateau – Village flottant Tonle Sap

Le voyage dure sept heures. Mais je n’ai pas trouvé le temps trop long. J’apprécie particulièrement ces moments de “pause” imposée. Petits instants de solitude propices à une saine introspection, bercée par les sons divertissants des mes playlists Spotify.

C’est le cirque ici !

Alors que je suis en train de faire mon check-in à la guesthouse, je tombe sur l’américain rapidement croisée ce matin au départ de l’hôtel. Il a pris un autre bateau et est arrivé quelques minutes avant moi.

Il me demande immédiatement si je suis intéressé pour aller voir ce soir un spectacle d’une école de cirque. Sans réfléchir, je réponds yes, why not. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre d’une école de cirque mais je suis en mode yes dans ce voyage. Je dis oui à tout ce que l’on peut me proposer (enfin presque tout !).

Et bien, je n’est pas été déçu. Il s’agissait principalement de numéro d’acrobatie réalisés par de jeunes étudiants de l’école. Mais le niveau était vraiment élevé. Et surtout le spectacle était rempli d’humour. Je me suis bien marré.

Il y a de vrais talents dans cette troupe. Que cela soit au niveau des performances techniques ou du jeux d’acteur.

Et puis surtout, ce qui a été le plus revigorant est la gaité de ces jeunes gens scène. Le sourire cambodgien à son firmament. Toujours présent sur les visages. Quelques soient les circonstances. Ils se marrent quand ils se plantent. Recommencent sans sourciller. Une réelle connivence se dégage de la troupe. On y sent un bonheur vrai, non dissimulé.

Un plaisir pur et simple d’être là, entre eux, devant nous.

Et le plus intéressant dans tout cela, c’est que cette école de cirque fait partie d’une association à but non lucratif, Phare Ponleu Selpak, qui tente d’améliorer la vie des enfants et des jeunes adultes de Battambang vivant dans des conditions difficiles, en leur  facilitant l’accès à l’école, aux arts et à la formation professionnelle artistique.

Les bénéfices récoltés par la vente des billets du spectacle vont donc directement à l’association.

Bref, une excellente soirée !

Battambang Heritage walking tour

Le lendemain matin, je décide d’aller flâner dans les rues de la ville. Je déniche un plan sur Internet de l’Heritage walking tour à ne pas manquer. Allez hop, c’est parti.

Très vite, je ressens une atmosphère qui me plait dans cette ville. Ce mélange parfait de la démesure des grandes cité et de la simplicité des villages.

Le charme de la promenade le long des berges de la rivière n’est pas sans me déplaire aussi.

Ajouter à cela une ambiance post-coloniale, avec tous ces anciens bâtiments à l’architecture grandiloquente et un peu désuète.

Bâtiment de la Compagnie des eaux et de l’électricité – Battambang

Et cette ballade est surtout l’occasion de constater que le sombre héritage de la période Khmer Rouge est omniprésent dans la vie des cambodgiens. Tous les bâtiments publics ont été réquisitionnés à moment donné pour une utilisation souvent détournée par les troupes de Pol Pot.

Certaines de ces constructions ont aujourd’hui retrouvé leur fonction d’origine. Mais de nombreux lieux ont été laissés à l’abandon. Et demeurent aujourd’hui un témoignage vibrant de cette tragique période de l’histoire du Cambodge.

Terrain de jeux d’une école abandonnée – Battambang

Killing cave et bat cave

Dans l’après-midi je retrouve mon comparse américain pour une visite guidée. Au programme deux grottes.

Nous débutons par la Killing cave. Perchée sur la colline Phnom Sampeau, au milieu de plusieurs temple bouddhistes, la grotte  a servit de lieu d’exécution des prisonniers par le Khmers Rouges. Les

Les détenus étaient torturés puis tués en haut de la grotte. Et leur corps était alors jeté à travers une cavité pour s’écraser sur le sol de la grotte une dizaine de mètres plus bas.

Et en ce jour, je suis là à observer le ciel bleu à travers cette sinistre ouverture.

Le seconde grotte va nous permettre d’alléger l’atmosphère. C’est le spectacle des chauves-souris que l’on attend. Ces animaux nocturnes quittent la grotte par million à la tombée de la nuit pour aller se sustenter d’insectes et si possible, merci beaucoup, de nos chers moustiques.

Le show est censé démarrer à 17h30. Cela serait bien la première chose qui soit à l’heure au Cambodge, ou ailleurs en Asie du Sud-Est.

Nous installons donc dans un des nombreux bars qui font face à la grotte. Deux Angkor pressions bien fraiches, une soucoupe remplie de cacahuètes. Assis confortablement, les yeux fixés sur la cavité d’où doivent jaillir les chauves-souris, nous attendons tranquillement.

17h32, l’impensable se produit. Les premières bestioles s’échappent de la grotte et s’envolent dans le crépuscule. Je reste abasourdi par tant de ponctualité. Une vraie précision de montre suisse. J’en arrive à me demander s’il n’y a pas un gars dans la grotte avec une lampe stroboscope pour faire déguerpir tout ce petit monde.

Bat show ! – Battambang

Bref, le spectacle est toujours aussi impressionnant. Six millions de chauves-souris traversant le ciel pendant trentes minutes. Je me régale.

Vous aimerez aussi peut-être

4 Commentaires

  • Répondre
    Recruteur de comique
    20 janvier 2018 à 11:06

    « J’ai appris la patience, ici, en Asie du Sud-Est » ??? C’était bien la phrase la plus drôle de cet article !!!!! 😉

  • Répondre
    Pap et Mam
    21 janvier 2018 à 6:54

    Artic1e encore bien intéressant.
    Par contre, je n’aime pas trop les chauves-souris ….

Laisser votre commentaire ici