Laos

J-162 Histoire d’eau

Au Laos, les chutes d’eau ça manque et moi j’aime ça les chutes d’eau. Alors, autant vous dire, j’ai été ravi.

Luang Prabang

Tout débute à Luang Prabang. On peut vite se faire séduire par le charme de la ville. L’architecture coloniale française, l’ambiance un peu bohème, les berges du Mékong, les pastis pas chers, le chaos organisé du food market, contribuent à vous faire languir paisiblement dans les bras de la cité. Donc on pourrait facilement se retrouver à passer le temps sans vraiment sans rendre compte et se retrouver au bout d’une semaine à n’avoir absolument rient fait.

Mais voilà tous les gens que vous croisez vous parlent des chutes d’eaux. Et ils n’ont qu’un seul mot à la bouche : waouh. Alors là, nous sortons de notre torpeur pour aller affronter ces merveilles de la nature.

Il y a deux cascades à Luang Prabang Tad Kuang Si et Tad Sae. On commence par la première la plus célèbre. Comme nous sommes cinq, nous décidons de prendre un tuk-tuk pour s’y rendre. Il y a une trentaine de kilomètres à parcourir. On négocie un bon prix facilement, pas de résistance majeure du chauffeur. On embarque et après 300 mètres il nous dépose et nous dit de changer de tuk-tuk. On sent venir l’arnaque. Nous apercevons un joli minivan qui nous ouvre ses portes. Nous grimpons dedans. Tout ça pour le même prix. C’est ce que j’appelle de la négociation.

Alors oui quand nous arrivons à la chute difficile de retenir un waouh. Vous savez le bleu turquoise des cartes postales. Et bien il est là, devant nous, sans aucun trucage. Une beauté absolue. Plusieurs bassins naturels se succèdent retenant l’eau aux reflets majestueux. Nous atteignons enfin la chute d’eau proprement dite. Et le spectacle est époustouflant. Je prends une bonne claque. J’en ai vu des chutes d’eau, mais une comme ça, jamais. Le teint laiteux de l’eau dans les bassins ajoute à la magie du lieu.

Bassins de Tad Kuang Si – Luang Prabang

Bien, nous résistons peu longtemps à l’appel de la baignade. Mais l’eau est bien froide. Je me force. On est loin des températures indécentes des plages indonésiennes. Mais bon, tout ce que l’on ne ferait pas pour avoir une photo à faire pâlir ses amis.

Du coup, le lendemain nous sommes chauds pour aller à la seconde cascade. Tad Sae. Nous ne sommes plus que deux et la chute se trouve seulement à dix kilomètres de Luang Prabang. Alors nous décidons d’y aller en vélo. Et bah, le vélo, quand ça fait longtemps qu’on n’en a pas fait, ça fait mal au cul. À part une montée un peu sauvage, la ballade se passe bien. Il faut prendre un bateau pour atteindre la cascade de l’autre côté de la rivière. Nous y voilà.

Tad Sae – Luang Prabang

Le spectacle est différent, mais tout aussi captivant. Les bassins sont moins nombreux et plus larges. Un vrai appel à la baignade. L’eau toujours aussi turquoise et paradisiaque. Et toujours aussi glacial. Là, ce n’est même plus une baignade. Nous faisons juste trempette.

Nong Khiaw

Ensuite direction Nong Khiaw, un village au nord de Luang Prabang. Une fois n’est pas coutume, nous voilà entassés dans un minivan. Bien qu’ayant réservé les tickets tous ensemble, je récolte du véhicule VIP alors que mes comparses doivent se satisfaire de la version économique. Le truc sympa à faire ici, c’est un trek d’une journée qui vous emmène crapahuter sur les cascades. Oui, on ne marche pas à côté, mais on gravit les rochers à même l’eau qui s’écoule encore. C’est original, c’est fun. Ce sont les One Thousand Waterfalls. Personne ne les a jamais vraiment comptées, mais je doute qu’il y en ait réellement mille. Le trek est facile et amusant.

On marche sur l’eau – One thousand waterfalls, Nong Khiaw

Le matin même du retour, je vais à la station de bus pour réserver notre billet pour le bus de 11h30. Nous arrivons ensuite à 10H40 pour nous entendre dire que le bus de 11h30 est déjà parti parce qu’il était plein. Mais nous pouvons prendre le suivant en payant dix mille kip de plus. Bien qu’extrêmement perplexes devant ces explications douteuses, nous obtempérerons et embarquons dans un bus qui partira à 11H20.

Pakse

En poursuivant notre route vers le sud de pays, nous faisons une halte à Pakse. La ville en elle-même n’a pas trop d’intérêt, mais ses alentours offrent aussi quelques chutes d’eau à voir. Dont une, Tad Fan, la plus haute du Laos. Alors c’est parti. La route est un peu cahoteuse. Une fois arrivé, même si la quantité d’eau qui tombe n’est pas très importante (c’est la saison sèche), la cascade est vraiment très haute. Nous l’observons de l’autre de la berge, mais le spectacle demeure impressionnant.

Nous poursuivons notre route vers Tad Lo, un petit village, où d’autres chutes d’eau nous attendent. Le village est paisible. Nous restons dans une guesthouse tenus par deux Français. Pastis et fromage sont au menu. Je suis ravi bien sûr. Un peu de French cuisine dans ce monde sans pitié fait de riz et de noodle.

Il y a trois chutes d’eau au programme. Les deux premières sont justes autour du village, faciles d’accès. Elles ne sont pas très hautes, mais assez larges. Le débit de l’eau est élevé. Je m’amuse toujours autant devant ces fontaines naturelles. Le second jour, nous allons voir la troisième cascade. Elle se situe à quatre kilomètres du village. Une marche aisée à travers champs et villages. Le début du chemin est facile, il suffit de suivre le sentier qui nous emmène jusqu’au premier village. Une fois dans le village, nous cherchons la suite du sentier. Nous ne le trouvons pas. Un homme, un peu louche vient à notre aide. Il veut clairement offrir ses services de guide, mais nous déclinons poliment. Après nous avoir indiqué le bon chemin, nous reprenons notre ballade.

Tad Lo

C’est vrai qu’après le village il n’y a pas vraiment de sentier. Nous traversons rizières, forêt, grandes herbes. Un peu au feeling. On fixe un pic dans la montagne qui nous indique la direction à suivre. Nous atteignons le second village. La chute d’eau est juste après. Nous découvrons la cascade asséchée. Déception. Dommage, car elle est vraiment haute et large. Nous essayons d’imaginer à quoi elle peut ressemble en période de pluie. Nous nous approchons quand même. Nous remontons le lit de la rivière complètement sec. Nous gravissons les rochers pour avancer. C’est en fait la partie la plus amusante de cette marche. Nous croisons des gamins qui enjambent cela comme des lapins et qui connaissent la route. Nous tentons de les suivre, mais ils vont trop vite pour nous.

Chute d’eau sans eau – Tad Lo

Nous prenons quelques photos de cette chute d’eau qui n’en est plus vraiment un à cet instant et repartons vers Tad Lo. Le chemin retour se fait sans trop d’embûches. Nous parvenons à nous repérer sans trop de difficulté.

Un fois à la guesthouse, un petit pastis s’impose. Il a fait chaud aujourd’hui.

Si Pan Don

Pour finir mon séjour au Laos, j’ai élu domicile sur Si Pan Don (les dix mille îles). Archipel sur le Mékong. Et deviner quoi ? Il y a encore des chutes d’eau. Ce coup, on y va en kayak par un groupe organisé. Nous pagayons dures sur les eaux troubles du Mékong. Le paysage est captivant. Nous croisons des buffles d’eau qui prennent peur en nous voyant. Il y a quelques passages par forcement facile à négocier pour des novices comme nous. Quelques petits rapides, des plantations à éviter. Bref, nous écoutons les consignes de notre guide. Il faut aller à gauche, pagayer, pagayer. Et si on retrouve coincé dans un arbre, il faut mieux pas que ce soit au centre du bateau. Sinon, on chavire.

Okey, nous sommes parés.

Pour une raison que j’ignore, nous avons fait exactement tout ce qu’il ne fallait pas faire. Nous sommes allés à droite. Nous n’avons pas assez pagayé. Et nous nous sommes retrouvés coincés dans un arbre, pile en plein milieu du kayak.

Et bien le guide, il avait raison. On a chaviré ! Bon, c’est surtout amusant plus qu’effrayant. Il y a petit courant quand même qui nous fait dérivé gentiment. Nous parvenons enfin nous accrocher au kayak et à le retourner. Nous remontons dessus sans encombre. Ah bah voilà une petite baignade inopinée.

Premier arrêt pour la petite chute d’eau. Peut être petite, mais elle envoie du débit. Pas envie de me retrouver là en kayak. Cela ressemble plus à une succession de rapide puissant, mais ça me plaît aussi.

Après avoir pagayé encore un peu et déjeuné sur une île au Cambodge (oui, nous avons traversé les eaux territoriales), nous partons à la découverte de la grande cascade. Nous apprenons alors qu’il s’agit la cascade la plus large du monde (il y a visiblement un concours entre les cascades les plus hautes et les plus larges).

Tad Khone Phapheng – Si Pan Don

Alors c’est vrai, que c’est un peu le bazar sur la rivière. Cela remue dans tous les sens. Chute d’eau d’en haut, des côtés. Bref, j’avoue, spectacle assez impressionnant.

J’en aurais bouffé des chutes d’eau au Laos, mais j’aime ça !

Vous aimerez aussi peut-être

4 Commentaires

  • Répondre
    Beatrice
    24 décembre 2017 à 11:53

    Belles baignades en tout cas !
    Joyeux Noël de l’autre bout de la planète 🙂

  • Répondre
    LAURENT (ex collègue)
    29 décembre 2017 à 12:52

    Waouh ! J’adore aussi les cascades et rivières de montagne. Ça donne vraiment envie.
    Happy new year au Laos ou ailleurs …

    • Répondre
      Jamais sans mes tongs
      29 décembre 2017 à 12:37

      Hello ex-collègue !
      Je suis au Cambodge là.
      Bonne fin d’année à toi et surtout tous mes voeux de réussite pour 2018 🙂

Laisser votre commentaire ici