Thaïlande

J-132 Trek à Pai : Man vs Wild

Après m’être bien détendu à Chiang Mai, il me reste encore quelques jours à passer en Thaïlande. C’est toute la beauté de ce voyage au long cours. Même en ayant passé quinze jours à Chiang Mai, j’ai du rabe pour aller faire un tour à Pai, petite ville bucolique au nord-ouest de Chiang Mai et proche de la frontière birmane.

Un programme au feeling

Pai est réputée pour sa tranquillité, ses panoramas magnifiques et ses treks dans la jungle. Vous me voyez venir. Il y a bien longtemps que je n’ai pas crapahuté dans la nature. Alors c’est décidé, à Pai, cela sera aventure dans la jungle.

Je contacte Mr Chart, l’un des plus anciens guides établis dans la ville, et vivement recommandé par le site travelfish.org (le site de référence pour tout backpacker en Asie du Sud-Est qui se respecte). Mr Chart est un petit bout d’homme (même pour un thaï il est petit, c’est vous dire). Il parle beaucoup, avec un accent très prononcé. J’ai un peu de mal à suivre. D’une certaine manière, il me rappelle Jungle Jack, lors de mon trek à Kinabalu. Je sens que je ne vais pas m’ennuyer.

Le trek est orienté technique de survie. Intéressant. Je me renseigne un peu quand même, histoire de savoir où je mets les pieds. Mais Mr Chart ne répond pas vraiment. Il est moins prolixe d’un coup. Combien de temps de marche ? Où allons-nous dormir ? Il ne sait pas. On verra sur place. Une randonnée no plan is good plan dans un périple déjà no plan is good plan, je me demande si cela ne fait pas un peu trop. Mais bon, je fais confiance à mon instinct (et un peu au type de travelfish.org).

Toujours être à l’affût

Rendez-vous le lendemain matin à 8h30. Je suis rejoint par un jeune couple de Suisses-allemand (mais ils parlent français aussi). Ils sont équipés légers. Un tout petit sac à dos chacun. Là, Mr Chart nous fournit (enfin nous loue) un sac de couchage et un hamac. Ah bah tiens, on avait pourtant posé la question hier. Du coup ce matériel ne rentre pas dans les sacs à dos ridicules des deux touristes Suisses. Mais Mr Chart est plein de ressources, il sort un énorme sac dos et le file au gars. Nous voilà parés pour l’aventure.

Un petit tour de 4×4 pour nous emmener au village de départ. Pour nous mettre dans le bain, notre guide nous explique comment récolter des vers de terre. Ils serviront d’hameçons plus tard pour la pêche. Ah ouais, on va pêcher… Et me voilà donc les mains dans la terre à ramasser des asticots dans l’espoir de traquer mon repas du soir.

Après avoir déjeuné au village, nous commençons le trek. Mr Chart est équipé d’une machette, d’un fusil et d’un pistolet. La machette je comprends. Pour le reste… Il nous explique que c’est pour chasser, le cerf, le sanglier. Et le pistolet ? Pour se défendre la nuit. Apparemment il y a des individus louches qui traînent dans la jungle. On ne comprend pas tout et on n’insiste pas trop. Par sûr de vouloir bien tout savoir. J’espère juste que Mr Chart n’est pas trop lunatique avec tout cet arsenal entre ses mains.

Règle de survie n°1 : toujours être à l’affût

La marche est tranquille, pas de difficulté majeure. Mr Chart s’arrête régulièrement pour nous faire partager ses connaissances sur la flore de la jungle. Il nous montre des plantes à effet antiseptique, des fleurs au goût sucré, ds fruits amers, des sortes de petits marrons… J’ai bien évidemment oublié le nom de toute ces choses.

Découverte du campement

Nous arrivons au campement. Il est déjà construit. Deux cabanes faites de bambou et recouvertes de feuilles de bananier. Cela sera toujours ça de moins à faire. Il nous faut juste ajouter des feuilles de bananier sur le toit des cabanes pour renforcer la protection. Nous voilà donc partis à abattre des branches de bananier et arracher les feuilles pour les ramener au camp.

Nous voulons aussi aider Mr Chart à disposer les feuilles sur la cabane. Parce qu’il est petit Mr Chart, faut s’en rappeler. Alors que le Suisse et moi nous sommes des grands gaillards. Mais Mr Chart, il n’en a cure. Il nous explique que, nous étrangers, nous ne savons pas construire un toit avec des feuilles de bananier. Enfin, en le regardant faire, je ne trouve pas cela très difficile. Il faut alterner. Une feuille à l’endroit, une feuille à l’envers et l’affaire est jouée.

Mr Chart coupe des feuilles de bananier

C’est beau la jungle la nuit

Ensuite Mr Chart allume le feu. Installe nos hamacs. La nuit tombe. C’est l’heure du repas. Mr Chart décide partir chasser. Il nous laisse en plan. Au préalable, il a coincé des morceaux de poulets dans un bâton de bambou. Il nous tend les trois brochettes artisanales et nous dit : vous savez faire cuire du poulet au feu de bois. Bien sûr. Et sur ce, il disparaît dans la jungle, fusil à l’épaule, lampe torche sur la tête. Avec mes camarades d’aventure, nous nous regardons surpris. La cuisson du poulet va être longue.

Notre guide revient. Il est bredouille. Nous commençons à peine la dégustation du poulet. Avec du sticky rice, préparé la veille par notre hôte. L’avantage du sticky rice, c’est qu’il est tellement gluant, que c’est très facile de le manger avec les doigts.

Mr Chart nous explique alors qu’un de ses amis va nous rejoindre pour préparer un manger. Un curry. Nous nous regardons interloqués. Comment ça ? Un gars va venir en pleine nuit ? Nous allons faire un second repas ?

Bref, une demi-heure plus tard, ce programme semble oublié, car Mr Chart nous propose d’aller nous coucher. Il est 22h00. Je reprends mes bonnes habitudes. Il se met à préparer une second foyer pour le feu, près de l’endort où nous allons passer la nuit. Je m’installe dans le hamac, le sac de couchage en guise de couverture. Je ne la ramène pas trop.

Je m’endors facilement. Des phases de réveil jalonnent mon sommeil, mais je repars aussi sec dans les bras de Morphée. Je n’ai pas trop froid. Et à ma grande surprise et joie, la jungle est plutôt calme la nuit. Je m’attendais à un brouhaha d’animaux nocturnes. Et puis soudain, j’entends des voix. Mr Chart discute. C’est son ami qui est arrivé. Il ne plaisantait pas. Mais je pense que pour le curry c’est désormais un peu tard.

Full english breakfast

Je me réveille vers 7h00. Les deux Suisses sont déjà debout. Mais pas de trace Mr Chart et de son ami. Apparemment ils sont partis chasser au lever du jour. Du coup, on attend devant le feu. Il faut dire que Mr Chart n’a pas du beaucoup dormir car il a entretenu les deux feux pendant toute la nuit. Ce qui est somme toute assez cool.

Les revoilà après deux heures d’attente. Toujours bredouilles. Je me demande si chasser n’a pas un autre sens ici dans le jungle thaïlandaise. En guise de petit déjeuner nous avons le droit à du pain de mie toasté au-dessus du feu et à un café au lait instantané. Je me régale.

Breakfast à la dure

River monsters

Mais fini la rigolade, c’est l’heure d’aller pêcher. Avec une canne à pêche en bambou, un hameçon, et nos vers de terre consciencieusement ramassés la veille. Alors comment dire, je ne me souviens pas la dernière fois que j’ai pêché. Et je me demande même si j’ai déjà pêché une seule fois dans ma vie. Alors évidemment ça ne mord pas. Pourtant je suis à l’emplacement indiqué par notre guide de survie, là près des cailloux, car les poissons ils aiment se cacher sous les cailloux. Bah, ils doivent être sacrément bien dissimulés alors parce que j’en attrape aucun.

Le roi de la pêche

Mr Chart vient à mon secours. Il m’explique de nouveau la technique. Il jette sa ligne dans l’eau. Et hop, en moins de  trente secondes, il chope un poisson. Entre abattement et persévérance, je retente le coup. Après plusieurs minutes, toujours aucun frétillement au bout de ma ligne. Je change de lieu. Et là, il y a du beau monde. Mon hameçon est harcelé par les poissons affamés. J’essaie de sortir une proie de l’eau, mais ce n’est pas si facile que cela. Après plusieurs tentatives,  je vois enfin un poisson resté prisonnier de l’hameçon. Hourra !

À nous quatre nous avons pêché une quinzaine de poissons. Je soupçonne que la majeure partie est due à l’expertise inégalée de Mr Chart. Ce sont des poissons de petite taille certes, mais suffisant pour réaliser une soupe de poisson.

J’attise le feu pour la survie du camp

Et si on coupait du bambou ?

Parce qu’après cette matinée chargée, c’est l’heure du déjeuner. L’ami de Mr Chart, qui ne pipe pas un mot d’anglais, s’affaire autour des deux foyers. Il fait bouillir de l’eau, il fait cuire le riz. Tout cela en utilisant du bambou comme ustensile de cuisine. Car oui avec le bambou, on peut tout faire. C’est une plante magique.

Je m’en étais déjà rendu compte : on construit des échafaudages en bambou, on fait cuire le cochon dans le bambou, on fabrique des échelles, des ponts et des radeaux.  Alors Mr Chart c’est simple, il a passé les deux jours à couper du bambou. C’est son truc couper du bambou. Machette à la main. Bang, bang, bang. Pour les cannes à pêche, pour solidifier les abris du camp, pour attiser le feu, fabriquer des mugs pour boire le café, des shots pour boire le whisky alcool (bref de l’alcool de riz dans lequel marinent diverses plantes cueillies par notre hôte pendant la marche), des tubes à cuire le riz et des assiettes.

Le repas est franchement succulent. Le curry de poulet et la soupe de poisson. Tout cela au feu et avec du bambou. Je suis épaté.

Nous plions le camp peu de temps après. Mr Chart nous laisse repartir avec son ami, car lui s’en va de nouveau chasser… Le retour se fait sans difficulté et nous retrouvons notre savoureux guide au village. Bredouille.

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12 Commentaires

  • Répondre
    16 novembre 2017 à 1:24

    Parfois on senquiquine à mettre les petits plats dans les grands …. alors qu’avec du bambou on fait tout … retour aux véritables valeurs. 😉

  • Répondre
    L'anti fourchette du Lao Siam
    16 novembre 2017 à 2:56

    Et Bam!!!! Le riz gluant ça se mange avec les doigts !!! Je te l’ai toujours dit !

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    Jeremy Wade
    16 novembre 2017 à 5:31

    Quand je te dis de venir avec moi à la pêche…. Prochaine venue chez nous, hop stage obligatoire !

    Ca t’éviterait des galères dans la brousse et tu aurais pu en apprendre à Mr Chart !!

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    isa
    16 novembre 2017 à 9:43

    mais c’est koh lanta là ????

  • Répondre
    Pap et Mam
    17 novembre 2017 à 9:36

    Machette, fusil et pistolet pour la nuit ne t’inquiète pas …… voilà tout ce que j’ai retenu

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