Thaïlande

J-125 Le charme discret de Chiang Mai

Avec un sens du timing inégalé (tient j’ai déjà utilisé cette phrase il n’y a pas longtemps), je me retrouve à Chiang Mai pendant le festival des lanternes. Bon, rien de prémédité bien sûr. Vous connaissez désormais mon sens aigu du planning pour ce voyage.

Une pause s’impose

J’avais entendu parler de ce festival, mais je ne pouvais pas non plus claquer mon itinéraire sur l’ensemble des festivités à ne pas manquer en Asie du Sud-Est. Bref, j’avais complètement oublié. Et à Bangkok, je rencontre Shelby, un américain en vacances pour trois semaines en Thaïlande, qui me parle du fameux festival. Oh, oh, on dirait bien que ça colle avec mon programme super flexible. Bingo !

Alors me voilà à Chiang Mai. Et généralement, quand j’arrive dans une ville, je sens tout de suite si elle va me plaire ou pas. J’ai un feeling, comme ça, instantané. Kuala Lumpur bof, bof. Bangkok why not. Chiang Mai. Oh yes baby ! Il y a un truc à propos de Chiang Mai. Un charme bucolique, une quiétude intermittente. Je parle de la vieille ville. La ville dans la ville. Chiang Mai semble avoir tous les atouts pour succomber à son charme. Un mélange parfait entre village et ville, tradition et moderne, Asie et Europe. Que demande de plus ?

Avec Shelby,nous avons débarqué motivé avec une liste d’activité à faire longue comme le bras. Bien sûr, rien de planifié. Il s’est avéré que mon compagnon de voyage possédait la même philosophie sur l’organisation. No plan is good plan. High five mate!

Et là je dois avouer que nous nous sommes dépassés. Nous avons scrupuleusement respecté la règle. Tellement que cela s’est transformé en no plan is no plan. Pendant environ une semaine, nous avons glandouillé avec une régularité impressionnante. Une forte tendance à la procrastination. Shelby avait envie de souffler un peu. Et moi, sans m’en rendre compte, certaine aussi. J’ai donc fait ce que je fais de mieux pendant ce périple. J’y vais au feeling.

Je me doutais qu’à un moment j’aurais envie de me poser quelque part sans rien faire de particulier. Mais je pensais que je le verrais arriver, que je déciderais, tient je me vais me poser là. Et bien non. Cela m’est tombé dessus comme ça. Et j’en suis fort ravi.

Donc nous avons bullé, mais nous avons cela sérieusement, vous pensez bien. Quelques grasses matinées, c’est à dire réveil après huit heures (ce qui est énorme ici je vous le rappelle). Au bout du troisième jour, nous commencions à avoir nos petites habitudes concernant l’endroit où aller prendre le petit déjeuner, la bière avant le dîner. Une fois de plus, le temps se dilatait d’une manière étrange. Au bout d’une semaine, nous avions d’être à Chiang Mai depuis un mois.

Bon, nous avons fait quelques visites. Les temples de la vieille ville. Wat Phra Singh & Wat Chedi Luang. Les Sticky Falls, une cascade où vous pouvez marcher sur les rochers sans glisser, car la mousse ne peut pas se former. Intriguant et fun. Et un cours de cuisine thaï.

Marcher sur l’eau sans glisser, Sticky Falls – Photo par Shelby (Instagram : @s.g.d.photography)

Deux festivals pour le prix d’un

En fait, il y a deux festivals qui ont lieu à la même période. Les gens ont tendance à confondre les deux. Loy Kraton c’est les petits sur l’eau. Yee Peng c’est les lanternes.

Loy Kratong est une fête célébrée chaque année dans toute la Thaïlande. Elle a lieu lors de la pleine lune du 12e mois du calendrier thaï lunaire traditionnel. dans le calendrier occidental, ceci se produit généralement en novembre.

Loy signifie « flotter ». Un Krathong est un petit radeau d’une vingtaine de centimètres de diamètre, taillé dans la section d’un tronc de bananier, décoré de façon élaborée avec des feuilles de bananier, des fleurs, des bougies, et trois bâtons d’encens. Durant la nuit de la pleine lune, de nombreux Krathongs ainsi réalisés sont lâchés des bords d’une rivière. Le lâcher de Kratongs symbolise également l’abandon des rancunes, colères et souillures afin de pouvoir repartir d’un bon pied. Nombreux sont les Thaïlandais qui pensent que faire flotter un Kratong leur portera bonheur.

Yee Peng reprend la même symbolique. Simplement à la place des radeaux confectionnés, on va allumer et lâcher des lanternes dans le ciel. Il faut faire un voeu au moment de lâcher de lanterne. Si celle-ci s’envole, votre voeu se réalisera dans l’année qui suit.

Avec Shelby, nous avons choisi Yee Peng, parce que franchement cela avait l’air beaucoup plus fun.

Cérémonie d’ouverture Yee Peng festival, Chiang Mai – Photo par Shelby (Instagram : @s.g.d.photography)

Lâcher de lanternes

Le festival rameute beaucoup de monde à Chiang Mai. Au final, il semble y avoir plus de touristes qui y participent que les habitants.

Le point de rendez-vous et le pont de Nawarat au-dessus de la rivière Ping. L’ambiance est un mélange de fête populaire et tradition. Chacun y va de sa lanterne. C’est un peu dangereux à vrai dire. Car visiblement une bonne partie des participants semble avoir oublié leur cours de physique. Petit rappel donc : l’air chaud est plus léger que l’air froid. Donc pour que votre lanterne monte dans le ciel, il faut attendre, après avoir allumé la mèche, que l’air chauffe un minimum pour avoir un espoir de la voir s‘envoler. Sinon, la lanterne virevolte péniblement au-dessus des passants, qui dans un geste de panique repoussent la lanterne vers son voisin, qui ne manque pas alors de s’écraser sur leur tête. Étonnant que personne n’ait pris feu ce soir-là.

Lâcher de lanternes, Yee Peng festival, Chiang Mai – Photo par Shelby (Instagram : @s.g.d.photography)

Hormis ce petit détail technique, le spectacle est simplement magique. Difficile de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti ce soir-là. Voir ce flot continu de lanternes illuminer le ciel de pleine lune et filer vers l’infini. La symbolique est forte. A la fois, sublime, apaisante et appelant à une certaine introspection je dois dire.

Lanternes au loin dans la ville, Yee Peng festival, Chiang Mai – Photo par Shelby (Instagram : @s.g.d.photography)

Je pense que la beauté de cette tradition, aujourd’hui prise d’assaut par nous autres touristes, est que chacun peut y mettre ce qu’il veut. Sa propre croyance, ses propres espoirs, ses propres sentiments. Cela permet aussi, à tous ces étrangers de se retrouver pour quelques minutes, quelques heures, sur ce pont, avec un objectif commun, un instant à partager.

Nous sommes restés une heure et demie, mais personnellement j’aurais pu rester toute la nuit à observer ces lueurs hypnotisantes.

P.S. Merci à Shelby d’avoir su capturer la magie de ce festival et de m’avoir autoriser à utiliser ses photos pour illustrer l’article.

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10 Commentaires

  • Répondre
    Pap et Mam
    11 novembre 2017 à 6:50

    J’espère que tu n’as pas fait trop de voeux ….
    Effectivement, cela doit être magique.

  • Répondre
    isa
    13 novembre 2017 à 11:32

    c’est super beau. bisou

  • Répondre
    Le couz’
    15 novembre 2017 à 5:15

    Comme d’habitude tes quelques lignes nous immergent dans ton quotidien. On ressent à travers cette vidéo la puissance du moment. Important de penser « qu’à soi » parfois…. profite et continue de nous faire partager cela.

  • Répondre
    16 novembre 2017 à 1:13

    Juste magique … l’émotion devait être intense !! À travers ton post on arrive à ressentir qque chose je n’ose imaginer sur place comment tu devais être envahi par cette émotion. Contente que ta lanterne se soit envolée 😉😘

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