Malaisie

J15 – Le grand bleu avec une chaussure noire

Poissons plongée sous-marine

Le soleil se lève sur Long Beach, je me dirige vers l’embarcadère, pieds nus sur le sable, mes baskets à la main, sac sur le dos. Je quitte Pulau Kecil Perhentian, un pincement au coeur.

Gîte zéro épi

Cinq jours plus tôt, je débarquais aux aurores à Panorama Divers.  histoire de passer mon PADI Open Water. L’activité touristique principale de l’île. Même les locaux se précipitent en masse le week-end. Alors, pour trouver un hébergement, ce n’est pas gagner. Je me retrouve en dortoir. Bon, quand je dis dortoir, cela ressemble plus à baraquement militaire.  Vingt-neuf lits alignés sans fin. Ça va être le festival des ronfleurs la nuit là-dedans.  Je vais être obligé de mettre deux boules Quies dans chaque oreille. Je n’évoquerai pas les sanitaires.  En termes de confort, on est en dessous de spartiate . L’électricité, c’est le soir, à partir de dix-huit heures jusqu’au lendemain matin. Mais si je veux plonger, c’est le prix à payer.

Deux gros ballons à la place des poumons

Notre instructeur s’appelle Kiko, il est espagnol. Donc ambiance plutôt calientée. Ça tombe bien, faut pas être trop stressé pour la plongée, ce n’est pas bon pour la flottaison. Alors, avec cette histoire de PADI, on retourne un peu sur les bancs de l’école. Des nouvelles choses à apprendre, des questionnaires à remplir et des exercices à faire lors des plongées. Je demeure concentré un minimum, il ne s’agirait pas de faire une boulette sous l’eau.  Pour bien nous faire comprendre le principe fondamental de pression et volume, Kiko nous affirme carrément qu’à partir de maintenant ce n’est plus deux poumons que nous avons, mais deux gros ballons remplis d’air. C’est flippant son truc.

Entre deux mondes

Nous voilà dans le bateau, on saute à l’eau, on s’équipe. Et c’est parti ! On expire lentement, lentement, lentement, et on descend. Un nouveau monde s’ouvre alors. Enveloppé par une chape d’eau infinie. Abasourdi par ce silence puissant. Juste perturbé par le son langoureux de notre respiration et des bulles qui s’échappent.

Des poissons en tout genre virevoltent sans se soucier de notre présence. Nous n’existons pas pour eux. Les coraux dessinent des formes inédites.

De notre côté,  nous communiquons entre nous, en silence. Par des gestes devenus familiers. Une chorégraphie aquatique amusante et séduisante. Le monde terrestre tente de persister sous les profondeurs.

Une dualité de sentiments m’anime au cours de ces plongées.  L’impression de ne pas être à ma place, de pénétrer un monde qui ne m’appartient pas. Et en même temps, devant la magie d’un tel spectacle inédit, je ne peux m’empêcher d’être extasié. Et au fil des plongées, je finis par me sentir étrangement apaisé dans ce nouvel environnement. Mi-homme, Mi-poisson.

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